les écrits




BULLETINS DE LIAISON
Bulletin de liaison de Mai-Juin 2018


BULLETIN DEB LIAISON de Mai-Juin 2018

Un bilan en demi-teinte
Voilà une année, Emmanuel Macron était élu Président de la République. Tous les républicains l'ont soutenu au second tour, mais nous étions déjà  nombreux à l'avoir soutenu dès le premier tour. Pour ma part, je m'étais prononcé, lors des primaires de la droite et du centre, en faveur d'Alain Juppé dont je persiste à croire que le programme était le mieux adapté à la situation de la France de l'époque. Mais ne boudons pas notre plaisir. Avec un programme ni droite ni gauche ,Emmanuel Macron nous a rappelé le slogan du MRP. C'est un homme du centre et il oeuvre pour ce que nous avons toujours souhaité, une société de liberté et de responsabilité.
Beaucoup de mesures ont déjà été adoptées, et c'est bien. La France a retrouvé une place éminente
dans le monde, c'est une réalité. Emmanuel Macron porte haut et fort le message européen ;
il faut espérer que la chancelière allemande le suivra dans cette voie et répondra à nos espérances...

Mais, avouons-le, beaucoup d'entre nous ressentent une certaine inquiétude. Si tout le monde s'accorde sur une nécessaire réforme de la SNCF, la manière dont est gérée la crise pose question. Pourquoi attendre deux mois pour se prononcer sur la reprise de la dette ? Pourquoi donner l'impression aux représentants syndicaux, même aux plus réformistes comme la CFDT, la CFTC et les Autonomes, qu'ils ne sont pas entendus ? Curieuse manière de nouer un dialogue fructueux.
Il ne faut pas que se creuse un fossé entre la France qui réussit et celle qui peine. Les ouvriers les jeunes, les retraités, les paysans ont, à tort ou à raison, le sentiment d'être laissés au bord du chemin. Des réponses concrètes doivent être apportées à leurs inquiétudes et notamment aux problématiques posées par la France périphérique : les zones blanches, le chemin de fer de proximité, les collectivités locales. L'annonce de la suppression de la taxe d'habitation et la Réforme du logement ont semé l'inquiétude chez nombre d'élus locaux.
Une centaines de parlementaires centristes siègent aujourd'hui au Parlement. C'est beaucoup et c'est bien. Ils se doivent d'être porteurs de  propositions et notre Amicale doit prendre une initiative

Pierre MEHAIGNERIE
Nicole FONTAINE
Nous apprenons avec une grande peine le décès de Nicole FONTAINE, le 18 mai, personnalité discrète  et engagée, militante de l'Enseignement privé et de l'Europe que beaucoup d'entre nous ont eu la chance  de côtoyer pendant de nombreuses années.  Les obsèques se sont déroulées à Neuilly sur Seine en présence de très nombreuses personnalités politiques françaises et européennes.
Jean Pierre RAFFARIN, premier ministre de Jacques CHIRAC et Antoine TAJANI président du Parlement Européen lui ont rendu hommage,  ainsi que sa famille, sa fille et ses quatre enfants.
Cérémonie émouvante, le drapeau européen recouvrait le cercueil, la neuvième symphonie de Beethoven a accompagné la bénédiction  et la sortie.

Née en 1942, en Normandie, fille de médecin et petite-fille d'instituteurs publics, Nicole Fontaine  obtient la licence en droit à vingt ans en 1962, puis le diplôme de l'Institut d'Etudes politiques de Paris en 1964, suivi du doctorat d'Etat en droit public en 1969. Avocate, elle est inscrite au barreau des Hauts-de-Seine.

Elle  a été pendant près de vingt ans responsable nationale du poste sensible des relations entre l'enseignement privé et les pouvoirs publics au Secrétariat général de l'Enseignement catholique, comme conseiller juridique d'abord, puis comme secrétaire général adjoint de 1972 à 1981, et enfin comme délégué général de 1981 à 1984. Elle y fut l'interlocuteur clé, et souvent l'initiateur, des évolutions législatives et réglementaires qui, en deux décennies, ont façonné le cadre juridique de relations équilibrées entre l'Etat et les établissements privés associés par contrat au service public de l'éducation.

Rééditée à quatre reprises et largement diffusée, sa thèse de doctorat en droit sur les rapports entre l'Etat et l'Enseignement privé sous contrat est devenue la référence incontestée en la matière.

Membre du Conseil supérieur de l'Education nationale de 1975 à 1981, Nicole FONTAINE est membre de sa section permanente de 1978 à 1981. De 1980 à 1984, elle siège au Conseil économique et social, où elle présente notamment un rapport sur la politique du livre.

En juin 1984, elle est élue député européen, au lendemain de la grande manifestation de l'enseignement libre à Paris qui va conduire à la paix scolaire dans la liberté. Pendant son premier mandat, elle centre son action parlementaire sur un secteur d'avenir qui reste encore sous-estimé face à la prééminence des questions économiques : l'Europe des citoyens. Dans cette perspective, elle s'investit plus particulièrement dans les projets qui concernent la jeunesse, la vie associative, la reconnaissance mutuelle des diplômes, clé décisive de la mobilité professionnelle et de la liberté d'établissement à travers la Communauté européenne.

Cette action s'exerce principalement dans le cadre des trois commissions parlementaires dont elle est membre : la commission juridique et des droits des citoyens, la commission de la culture, de la jeunesse, de l'éducation et des médias, la commission des droits de la femme.

En juillet 1989, elle est réélue député européen sur la liste centriste conduite par Mme Simone Veil, et élue vice-présidente du Parlement européen. A ce titre, elle est membre du Bureau du Parlement et représente l'Assemblée au sein de la Délégation mixte Parlement européen -Parlements nationaux.

En janvier 1994, elle est désignée par son groupe parlementaire, le Parti populaire européen, pour siéger en tant que membre permanent au Comité de conciliation institué par le traité de Maastricht, dont le rôle est de régler les conflits qui subsistent en fin de procédure législative entre le Conseil européen des ministres et le Parlement européen. Elle y est à ce titre le seul membre permanent français.

Elle est également Présidente de la délégation du Parlement européen à la COSAC (conférence des organes spécialisés dans les affaires communautaires), qui est l'instance de coopération entre les parlements nationaux et le Parlement européen.

A l'approche des élections européennes de juin 1994, elle publie un ouvrage destiné à mieux faire connaître le Parlement européen au grand public, sous le titre : Les députés européens : Qui sont-ils ? Que font-ils ?

En juin 1994, elle est réélue député européen pour un troisième mandat. En juillet, elle est également réélue à la vice-présidence de l'Assemblée, et devient, par le nombre de suffrages recueillis, première vice-présidente du Parlement européen. Elle est reconduite dans cette fonction de première vice-présidente en janvier 1997. A ce titre, elle copréside avec le Président du Conseil des Ministres en exercice le Comité de conciliation.

En août 1997, elle publie un guide des aides communautaires sous le titre : L'Europe de vos initiatives, puis en octobre 1998 une vulgarisation du traité d'Amsterdam sous le titre : Le traité d'Amsterdam, à l'intention de ceux qui aimeraient s'intéresser à l'Europe si elle était moins obscure.

Au plan national, Nicole FONTAINE est Vice-Présidente de l'UDF, et à ce titre, membre du comité exécutif et du Bureau politique de l'UDF.

En deuxième position sur la liste conduite par François BAYROU, Nicole FONTAINE est réélue député européen au mois de juin 1999.

Candidate à la Présidence du Parlement européen contre Mario SOARES, elle est élue à la majorité des suffrages au premier tour de scrutin le 20 juillet 1999.
Nicole Fontaine fut appelée par Jacques CHIRAC pour être ministre déléguée  à l'industrie dans le gouvernement de Jean- Pierre RAFFARIN de 2002 à 2004.
Au bout de sa vie, marquée depuis quelques mois par la certitude d'un mal incurable, elle se souvenait de cette phrase de François Mitterrand : « Je suis content d'avoir pu parler debout », lui confia-t-il, malade lui aussi, à l'issue de sa dernière intervention devant le Parlement européen, à Strasbourg.

Debout, l'ancienne présidente de l'Assemblée européenne le sera également restée, consacrant les dernières semaines de sa vie à l'accompagnement d'étudiants qui préparaient un ouvrage sur les perspectives offertes par le Brexit.
Elle estimait, quant à elle, que pour les Britanniques le fait de quitter l'Union ne présenterait aucun avantage, mais jugeait que le résultat du référendum avait cruellement traduit la situation d'une Union « malade de son déficit démocratique ».

Nicole Fontaine supervisait aussi la préparation du bicentenaire de Sup de co Paris (désormais appelée ESCP Europe), la première école de commerce du monde, fondée en 1819 et tournée vers ce projet qui guida sa vie : une Union européenne pacifique, forte, proche des citoyens.

Décédée à 76 ans, cette femme discrète mais ferme, consensuelle mais portée par des convictions solides, connut trois vies. Une de responsable de l'enseignement catholique, une autre de ministre et une troisième, la plus importante sans doute à ses yeux, d'élue européenne. Jeune, elle rêvait d'une carrière artistique mais en fut rapidement dissuadée par son père, un médecin qui la convainquit d'étudier le droit.

Sa voix et son expérience de militante européenne vont manquer  dans le débat européen.



Semaine sociale 2017 : Quelle Europe voulons nous ?

1500 personnes  se sont retrouvées  les 19 et 20 novembre dernier à Paris dans le cadre des Semaines Sociales de France pour sa 92 ème session sur le thème de l'Europe. Difficile de rendre compte en quelques lignes de  la richesse de ces échanges.
Depuis plusieurs années  l'Union européenne  traverse diverses crises : crise de la solidarité (crise grecque et crise des réfugiés), financière, économique et sociale ; crise politique avec la montée des populismes, de la sécurité avec le terrorisme ; enfin, crise de citoyenneté avec un désamour croissant des Européens envers les institutions de l'Union Européenne.
Les SSF n'ont pas fait l'économie de ce constat lucide et des inquiétudes, parfois contradictoires, qu'il peut susciter. Parmi les politiques invités à s'exprimer, Enrico Letta, ancien premier ministre italien, Président de l'Institut Jacques Delors, qui vient de  publier un livre, avec Sébastien Maillard : « Faire l'Europe dans un monde de brutes ». Il invite à réfléchir à partir du monde d'aujourd'hui. L'Europe n'est plus le centre du monde. Quand l'Europe a commencé, nous européens, étions 1 sur 6, nous allons devenir 1 sur 20 ! Ni la France ni l'Allemagne ne sont dans les 7 pays les plus importants du monde .Les nouveaux grands pays ne sont pas tous des démocraties libérales....
Nathalie Loiseau , ministre des affaires européennes  a rappelé les positions de la France que le Président Macron a évoqué dans son discours à la Sorbonne:. « Un chemin de refondation européenne est indispensable,  pour que l'Europe offre davantage de sécurité, maîtrise les flux migratoires et mène sa transition écologique et numérique » .
Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit auprès de la Commission européenne : « A l'avenir, il nous sera possible de rester à la table des décideurs mondiaux si nous, Européens, agissons ensemble, sinon, le 'chacun pour soi 'nous fera devenir des sous-traitants des Chinois et des Américains. » Or « paradoxalement, le Brexit nous a unis à 27 ».
Mgr Jean-Pierre Grallet, représentant la France à la Commission des épiscopats de la communauté européenne, a rappelé que le projet européen a été bâti grâce à des chrétiens engagés .Il a évoqué la patience et la persévérance des constructeurs .Robert Schuman, le 9 mai 1950 voulait rendre impossible la guerre entre Allemands et Français.Il appelle à  l'engagement des chrétiens  pour donner une âme, un visage, une vision à l'Europe à reconstruire, sur les principes  de la doctrine sociale de l'Eglise : dignité de la personne humaine, principe du bien commun, solidarité, subsidiarité.
Des représentants du MEDEF européen, du Parlement européen, du Secours catholique sont intervenus en tant qu'acteurs du fonctionnement de l'UE au jour le jour, évoquant les réussites et les échecs dans le domaine social. Philosophes, économistes, mouvements de jeunes, Communauté de Taizé, tous ont apporté une contribution particulièrement riche à cette session. Avec Gaël Giraud,  Jésuite, chef économiste  de l'Agence Française de développement, la solidarité et l'écologie sont les conditions préalables à une économie saine. La transition écologique doit sous-tendre le nouveau projet politique européen. La Déléguée  permanente de la Côte d'Ivoire  auprès de l'UNESCO a dressé un tableau saisissant de l'histoire et de l'actualité de l'Afrique et des relations que ses pays entretiennent avec l'Europe. La sécurité de l'Afrique est  indispensable au monde. Elle doit faire face à de nombreux défis. L'Afrique est riche de matières premières  et de population jeune .Et cette petite phrase en conclusion "l'Afrique est l'avenir de l'Europe".!
Les Semaines Sociales ont formulé, à l'issue de cette session, une série de propositions. « A la double invitation du pape François aux chrétiens pour qu'avec d'autres, ils donnent un nouveau souffle à l'Europe, a rappelé dans ses conclusions Dominique Quinio, présidente des SSF. Et à l'invitation des autorités françaises à participer activement à l'élaboration de cet avenir renouvelé. »

Les SSF appellent à une Europe plus démocratique, plus solidaire et prônent le retour aux fondements de l'humanisme européen. Le chapitre social occupe une place importante, avec quelques priorités explicitement mentionnées (durée minimale du travail pour lutter contre les petits boulots mal payés, et protection des travailleurs). Dominique Quinio a plaidé pour « la constitution de listes transnationales » aux élections européennes. Au rang des suggestions, les SSF proposent d'étendre le système Erasmus à tous les 18-25 ans, l'instauration d'un jour férié européen commun, un enseignement spécifiquement européen aux jeunes. Ces suggestions vont susciter de nouveaux débats afin de finaliser d'ici au printemps la contribution des SSF aux Conventions démocratiques européennes voulues par le chef de l'Etat.  
Les conclusions des Semaines Sociales de France 2017 peuvent être consultées sur le site des semaines sociales    session@ssf-fr.org . téléphone 01 74 31 69 00 - Un compte rendu est en préparation.
Frédérique Ring et Anne-Marie Catherin

Assemblée générale de l'Amicale du 8 février 2018

Présents : Président : Pierre MEHAIGNERIE
                Secrétaire générale : Anne-Marie CATHERIN
              Trésorier : Bruno COIRATON
Florence BRUGIDOU -WAETCHER de Niort
Gilles BOSSY, bureau de l'Amicale
Emmanuelle CORCELLET - PREVOST de Paris 14 eme
Jean -Louis CASTANEDE  de Paris 14 eme
Bernard FOSSET de Paris 13, bureau de l'Amicale
Germain GENGENWIN de Schaeffersheim (Bas Rhin), conseiller régional de 1980 à 1998, député de la 5 ème circonscription  de 1981 à 2002 .
Jean HOUOT de Boulogne, Hauts de Seine ; chargé du site Internet de l'Amicale
Jean -Jacques JEGOU, ancien Maire de Plessis Trevise (94), député et sénateur.
Alexandre NARDELLA du MODEM
Yves OGE, de Paris 14 eme
André PETIT, maire honoraire d'Eaubonne pendant 36 ans, ancien député, vice président e l'Amicale
Sylvain TRANOY, de Cambrai, président du Syndicat mixte du pays  du Cambrésis
Amin de TARAZI  de Paris 16eme
La secrétaire générale souhaite la bienvenue aux amis qui ont bravé les rues verglacées, excusant ceux qui s'étaient annoncés et remercie la cinquantaine d'adhérents qui se sont manifestés en envoyant leur pouvoir.
Plusieurs amis sont décédés, nous assurons leurs familles de notre sympathie et de nos condoléances.
Il y a un an nous évoquions la mort de Jacques Mallet notre ancien Président, cette année c'est son épouse qui est décédée en juin dernier. Nous avons appris aussi le décès d'une adhérente fidèle, Mademoiselle Thérèse FAUVEL de Coutances, dont les 2 soeurs  sont également adhérentes.
Adhérent de la première heure et toujours fidèle, François Régis HUTIN est décédé le 10 décembre dernier  à l'âge de 88 ans. Patron de presse hors norme, fils du fondateur de Ouest France qui fut député MRP du Morbihan de 1946 à1955.
Il signait régulièrement à la une de Ouest-France et notamment le samedi, des éditoriaux dans lesquels il affichait  ses convictions chrétiennes et ses engagements notamment en faveur de l'Europe et de la liberté de l'enseignement. Il a mis également son journal au service de son combat contre la peine de mort et la torture ou pour l'amélioration des conditions de vie dans les prisons. Il a publié aussi régulièrement de grands reportages réalisés le plus souvent à l'étranger, dans des pays déshérités ou victimes de catastrophes. Il a joué un rôle de conviction pour l'adoption du traité de Maastricht par les électeurs de l'Ouest de la France.
« On chercherait en vain quelqu'un qui lui ressemble : à la fois homme d'affaires, éditorialiste, grand reporter, chroniqueur religieux... » note L'Express, qui le dépeint également comme « un journaliste qui se méfie des journalistes, un démocrate autocrate, un bourgeois qui déteste l'argent, un catholique sans états d'âme, un timide aussi chaleureux qu'ombrageux ».
Toujours président du comité éditorial de Ouest-France, il n'en avait pas moins signé un ultime éditorial dans l'édition du samedi, veille de sa mort, s'alarmant des prises de position de Donald Trump sur Jérusalem.
L'assemblée vote à l'unanimité le renouvellement du conseil d'administration et du bureau de l'Amicale.
L'assemblée vote à l'unanimité  l'approbation des comptes de l'amicale.
A ce jour ( 17/02/2018 ) 52 adhérents ont  renouvelé leur cotisation  pour 2018.

Les personnalités annoncées  ayant eu un empêchement de dernière heure ou une indisponibilité compte tenu de la situation climatique, un large débat, néanmoins, a eu lieu avec l'assistance  sur la situation politique actuelle et la position du groupe parlementaire MODEM à l'assemblée nationale.
Pierre Méhaignerie, Président de l'Amicale, fait une analyse de la situation politique depuis l'élection présidentielle. Situation mouvante avec des éléments positifs et d'autres qui le sont moins.
Nous voulons une France forte oui mais  une France juste.
Plus la consommation augmente, plus les déficits augmentent.
Le vieillissement de la population va augmenter les risques financiers.
Pierre Méhaignerie  cite 3 chiffres importants :
610 : le nombre d'heures de travail  par an et par habitant en France, bien que la productivité soit bonne voire excellente, contre 690 pour la moyenne des pays européens et 720 heures pour les pays scandinaves.
6,1 point de P.I.B. : C'est  la progression des dépenses sociales au cours des 25 dernières années (état providence), contre 2,4 pour les pays européens.
56 % c'est le poids de la dépense publique en France, nettement supérieure à la majorité des pays européens.
Nous devons réaffirmer nos valeurs, des valeurs que l'on associe :
-          La liberté mais pas sans la responsabilité.
-          L'efficacité mais pas sans la solidarité.
-          L'individu mais pas sans la communauté.
C'est tout à la fois l'héritage de Tocqueville, Mounier, Raymond Aron, Schumpeter et plus dernièrement John Rawls qui parle des inégalités efficaces et des inégalités inefficaces qu'il faut combattre.

Ce qui est positif dans la politique actuelle : la volonté et l'engagement du gouvernement. L'image de la France dans le monde.
Mais ce qui est mal vécu pour nombre de nos compatriotes dans  leur vie quotidienne, c'est par exemple la suppression du prêt à taux zéro,  l'augmentation de la CSG pour les retraités, et qu'ils ont le sentiment à tort ou à raison que le gouvernement favorise les plus aisés.

La suppression de la taxe d'habitation certes inégalitaire est vue comme un slogan de campagne) : il faudra bien créer d'autres taxes ou augmenter la TVA ?

La prise en compte par l'Etat d'un forfait de 400 euros pour tous les contribuables, permettrait de conserver le lien de responsabilité entre l'élu et les collectivités. De plus, les communes rurales qui ont une faible taxe d'habitation ne seraient pas pénalisées par rapport aux grandes villes qui offrent plus de services à leurs habitants.

Sylvain Tranoy expose la situation très difficile dans le Nord Pas de Calais et particulièrement dans le bassin d'Avesnes sur Helpe ou du Valenciennois et notamment dans le secteur de Denain, à cause du chômage de masse, suite à la fermeture massive des industries traditionnelles, d'où la forte  progression du Front national. Le Président Macron n'aurait  pas suffisamment conscience, pour certains, de la fracture territoriale.
Certes la France d'Emmanuel Macron présente une image meilleure que celle de Hollande, mais pour les gens de la base l'amélioration est lente, trop lente.

Il faut maitriser la dépense publique, or la dépense publique continue d'augmenter.

Jean-Jacques Jegou, qui fut 31 ans maire, et 22 ans parlementaire, membre du conseil exécutif du MODEM, regrette que les valeurs qui ont animé son engagement depuis sa jeunesse, celles du MRP, aient disparu . On ne parle pas de valeurs dans le groupe majoritaire (En Marche 310 députés), et même chez de nombreux députés Modem. Le grand public n'entend jamais parler des 47 députés Modem, de leurs amendements, de leur vote.
Avec une gauche durablement inexistante et une droite en lambeaux, JJ Jegou souhaite vivement que nous redéfinissions nos valeurs avec les députés du Modem pour qu'ils se fassent entendre. Car si on n'a pas de doctrine on ne peut pas donner de fondements solides à la politique. Ils doivent apporter des amendements, et leurs votes doivent être basés sur des convictions.

L'assemblée donne mandat à JJ JEGOU  d'organiser une rencontre entre le bureau de l'amicale et un groupe de parlementaires MODEM représentatifs pour préciser et  réaffirmer les valeurs  de base  devant  inspirer les positions du groupe.

Pierre Méhaignerie fort de son expérience d'élu local, dans une région où les employeurs ne trouvent pas suffisamment de personnel pour développer leurs entreprises, nous parle du réseau des villes moyennes, de disparités importantes de développement dans la même région ou le même département : ainsi la Vendée du Nord , au développement extraordinaire, mis en valeur ces jours par des reportages sur le secteur des Herbiers qui peine à recruter (5% de demandeurs d'emplois) et la Vendée du sud , en stagnation, le Tarn en perte de vitesse, et l'Aveyron , dynamique, qui été fortement marqué par la JAC en son temps.

On évoque le problème de l'immigration, les migrants qui arrivent, avec l'aide des passeurs, problème complexe et combien difficile qui devrait se traiter au niveau européen, mais également au niveau mondial, le contrôle administratif dans les centres de rétention, l'aide au développement, le dialogue Nord Sud.

Pierre Méhaignerie souhaiterait, en lien avec la Bretagne, un millier de jumelages avec l'Afrique. A suivre.


Livre cité par PM : Et si on tuait le Mammouth  de Bernard Toul émonde et Soazik Le Névé -


La réunion se termine par un pot convivial au bureau avec l'arrivée de Jean Louis Bourlanges, député MODEM des Hauts de Seine , Clotilde Avenet-Tenneson et François Bayrou, maire de Pau, président du MODEM, avec Jean Jacques Jegou, Gilles Bossy, Bruno Coiraton  et Emmanuelle Corcellet-Prévost.  


Pour Jean- Louis Bourlanges : « le fonctionnement de LRM pose problème : Ses membres  sont coupés des familles traditionnelles de la politique française, de la gauche comme de la droite.  Ils sont en quelque sorte hors sol. De plus, c'est la première fois qu'un parti  obtient une majorité absolue dès sa création .
Ce n'était pas le cas du parti gaulliste qui a mis quatre ans à s'imposer sous la cinquième République et qui avait eu une vie antérieure sous la quatrième. Il n'y a donc aucune séniorité au sein de REM : tous sont à égalité et tous en compétition.
De plus, c'est par essence le  parti de Emmanuel Macron , donc un parti dont la base est le sommet , destiné à irriguer le corps électoral avec la pensée souveraine et non à le représenter auprès du chef de l'Etat. Je crois qu'il faudrait remettre le système à l'endroit et doter la majorité parlementaire d'une gauche qui pourrait être REM , d'un centre , le Modem, et d'une aile modérée autour des juppeistes et d'Edouard Philippe. Macron a tort d'être obsédé par les frondeurs car il n'y a pas de vrai conflit d'orientation dans sa majorité.
Le groupe parlementaire du MODEM est une formation détendue, sympathique et sereine mais qui n'a pas sa place dans un système fondé sur la verticale du pouvoir. Il n'est pas normal qu'avec 47 députés il n'ait que deux membres du gouvernement et aucun ministre de plein exercice.»
Précision : Jacqueline Gourault, Ministre auprès du Ministre d'Etat  Gérard Colomb, Ministre de l'intérieur, et Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre des Armées.
Arrivées de François Bayrou et de Jean-Jacques Jegou : Ce dernier rappelle à François Bayrou notre sujet principal de débat à notre  Assemblée générale : revenir sur nos valeurs de la démocratie chrétienne, les faire connaitre, ce que l'on ne voit pas assez aujourd'hui.
François Bayrou rappelle nos valeurs :
1/ le refus de la bipolarisation droite-gauche
2/ le choix du pluralisme institutionnel : la démocratie c'est une symphonie, une richesse
3/Notre choix envers ceux qui n'ont ni l'avoir ni le pouvoir. Priorité à l'éducation : l'éducation de base, l'éducation tout au long de la vie, l'éducation populaire
4/Le principe de subsidiarité . Les décisions d'accord, mais avec un exercice réel de la  responsabilité
5/ Nous sommes patriotes et Européens mais anti-nationalistes avec une communauté de valeurs et d'esprit.
Travaillons au sein de la symphonie démocratique et européenne.
6/ L'importance des corps intermédiaires. Bayrou rappelle  l'importance du travail en entreprise. L'objet social ne doit pas être tourné vers le bénéfice
Importance de la représentation des travailleurs dans le corps social de l'entreprise.
F Bayrou dit qu'il a un projet conquérant, et que nous avons quelque chose à dire.(...)
Emmanuel Macron  porte plusieurs éléments en lui : bonapartiste ( ?) technocrate ( ?) centriste.
En Marche n'a pas de valeurs affirmées. Emmanuel Macron a un tropisme pour Ricoeur. » Un peu de nostalgie par rapport à nous »(...)
L'enjeu de la loi électorale ? La démocratie réfléchit à ce qui nous rapproche pas à ce qui nous divise.
(Propos recueillis par Emmanuelle Corcellet-Prévost que nous remercions).

Parmi les nombreuses opinions émises sur le Président  élu il y a un an , nous reproduisons  cet article d'Edgar Morin publié dans le Monde du jeudi 22 février 2018.
Le double « Je » du président
Chacun possède une dualité, voire une multiplicité intérieure, mais certains personnages historiques sont remarquables par une dualité politique étonnante. Ainsi de Gaulle, à la fois rebelle et rassembleur national pendant la guerre, porté au pouvoir par l'Algérie française et renversant ses géniteurs putschistes pour reconnaître l'Algérie algérienne, politiquement rénovateur et socialement conservateur durant sa présidence.
Pour comprendre Macron, je partirais d'un fait de vie privée qui traduit un choix de vie audacieux et une capacité de transgression extraordinaire : contre vents et marées et plutôt contre les obstacles des milieux conformistes bourgeois de province, il épouse sa professeure de lycée plus âgée que lui et déjà mère de deux enfants, et il assume cette transgression ouvertement tout au long de sa carrière.
Quand il se lance dans l'aventure présidentielle, il transgresse toutes les règles du jeu apparemment inamovibles de l'adoubement par un parti et il part aventureusement, créant de toutes pièces un rassemblement dynamique d'éléments captés dans les partis, qui s'en disloquent, ce qui, évidemment dans des circonstances favorables, le conduit à la présidence de la République. On peut dire qu'il y a du Bonaparte, du Boulanger, du de Gaulle dans cela, mais la différence est qu'il n'y a au départ aucun prestige ni gloire militaire, mais un jeune civil audacieux.
Par ailleurs, une autre étonnante dualité réside dans le fait d'être un intellectuel littérairement et philosophiquement cultivé et un homme qui fait carrière aux antipodes de la philosophie, dans la banque et la finance.
Hulot ou l'antagonisme au gouvernement
D'où une autre dualité. Il remet à l'actualité le souci du grand destin de la France, se hausse au niveau de l'intérêt national supérieur, mais, en même temps, sa pensée politico-économique demeure totalement conforme au néolibéralisme et plus encore à la vulgate technocratique économique régnante dans les classes dirigeantes, comme chez ses prédécesseurs, fondée sur la compétitivité, les économies budgétaires, les faveurs aux entrepreneurs et les restrictions aux salariés, et respectant comme évident le pouvoir financier. Et lui-même a plusieurs fois affirmé sa conviction que la richesse nationale vient principalement des riches.
Les cabinets ministériels sont truffés plus que jamais de jeunes technocrates qui ne voient le réel qu'à travers les chiffres. On arrive même à une contradiction entre sa pensée humaniste affirmée et le comportement concret du ministre de l'intérieur, des instances policières et judiciaires à l'égard des réfugiés.
Sur Notre-Dame-des-Landes, il ne se rallie pas à la conception des zadistes, mais il transgresse la vision techno-économique dominante
Enfin, Emmanuel Macron a instauré de lui-même, sinon une contradiction, du moins un antagonisme, au sein de son gouvernement, non tant en mêlant ministres issus de la gauche et de la droite, mais en y installant à une place noble [ministre de la transition écologique] Nicolas Hulot, symbole des problèmes écologiques devenus vitaux et d'une nouvelle politique.
Cela dit, deux actes macroniens témoignent d'un début de transgression de la vulgate techno-économique. Le premier est la riposte à la décision du président Trump de renoncer à l'accord international sur le réchauffement climatique, dans le discours où s'énonce pour la première fois une pensée planétaire,« Make our planet great again ». Le second est dans le renoncement à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où s'étaient cristallisées et radicalisées deux conceptions de la société. Il ne se rallie certes pas à la conception des zadistes, mais il transgresse, dans ce cas symbolique, la vision techno-économique dominante dont il était le promoteur.
Une autre pensée économico-politique
Va-t-il évoluer et passer de la transgression au renoncement, du renoncement à l'adoption d'une autre pensée économico-politique ? Cette autre pensée a déjà été formulée. C'est celle d'une grande politique de salut public, dont la révolution énergétique (qui a commencé sous l'impulsion de Nicolas Hulot) serait un premier élément, et comporterait une grande politique des villes visant à dépolluer et déstresser la vie urbaine, une grande politique des campagnes faisant régresser l'agriculture et l'élevage industrialisés, ravageurs des terres, dont les produits standardisés sont insipides et insanes, au profit de l'agriculture fermière, raisonnée, et bio.
L'une et l'autre politique auront besoin de main-d'oeuvre, fourniraient du travail, feraient régresser le chômage, l'une et l'autre auraient un apport décisif à la santé publique et susciteraient d'énormes réductions dans les dépenses de pharmacie, de médecine, des hôpitaux.
Enfin, ces deux volets politiques auraient besoin d'être complétés par un grand projet de solidarité qui oriente le service national annoncé des jeunes en service national de solidarité, qui opère la création dans tout le tissu urbain français des maisons de solidarité, qui effectue prêts ou subventions favorisant et stimulant toutes entreprises ayant un caractère d'entraide de secours et de solidarité.
La transgression peut être une progression
La promotion conjointe de responsabilité et de solidarité seraient elles-mêmes favorisées par une réforme profonde de l'éducation dont est capable le ministre en exercice, Jean-Michel Blanquer, qui enseignerait le mieux-vivre. C'est bien là la nouvelle voie qui permettrait à M. Macron de réaliser son aspiration profonde, qui est d'inscrire sa marque historique dans le destin national et d'infléchir le destin planétaire. C'est à cette ultime transgression, qui serait alors une grande progression, que le convient les forces vives du pays.
Emmanuel Macron ira-t-il soit progressivement, soit par conversion rapide, vers un grand destin national, lequel est inséparable d'une grande politique, pas seulement extérieure, mais intérieure ? Autrement, il n'y aura pas de grande présidence. Au moment de conclure, une voix me dit que j'ai aussi mon double « je » :
« Cet espoir est-il crédible ? N'est-il pas déjà trop installé dans son credo techno-économique ? N'a-t-il pas acquis définitivement le culte de la réussite et le dédain pour les laissés-pour-compte ?
- Peut-être, je ne sais pas... Mais je sais qu'il est capable d'audace et de transgression. »

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Nous apprenons le décès de Madame Annette CHAUSSEBOURG le 21 mai  à Paris 15ème a l'âge de 94 ans. Adhérente  de l'Amicale après le décès en 2004 de son mari  Fernand CHAUSSEBOURG, elle était restée fidèle aux valeurs du Centre et à  ses convictions européennes. Nous nous souvenons que Fernand  fut Président  du Conseil général de la Vienne, puis Président du Conseil régional de Poitou Charentes  et secrétaire du groupe centriste au Sénat. A sa retraite,  il  fut plusieurs  années secrétaire général de l'Amicale.
Nous assurons sa fille et sa famille  de nos condoléances attristées.


BULLETIN D'ADHESION 2018

Nous remercions ceux de nos amis fidèles qui ont renouvelé leur adhésion pour l'année en cours  lors d'un précédent appel.
Merci à celles et ceux qui veulent manifester  leur fidélité et leur amitié pour notre Amicale  qui continue à entretenir notre esprit  et nos valeurs.  
Bien cordialement.
Pierre MEHAIGNERIE           Bruno COIRATON                     Anne-Marie CATHERIN
Président                                   Trésorier                              Secrétaire générale



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Merci avec vous l'Amicale continue !



Bulletin de l'Amicale du MRP
133 bis  rue de l'Université-75007 PARIS
Directeur de la publication : Pierre MEHAIGNERIE



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N° 122 du 1er trim. 2009

INFORMATION AU LECTEUR
Depuis 2009, le bulletin historique imprimé "Le MRP vous parle" diffusé aux adhérents et abonnés a été remplacé par un bulletin de liaison portant le même titre et accessible sur ce site dans "vie de l'Amicale" pour les dernières parutions. Les anciens bulletins imprimés sont consultables en y accédant par l'onglet Archives, puis "anciens bulletins Le MRP vous parle".Ils y sont présentés par leur page de garde. En cliquant sur la page de garde du bulletin choisi , on accède au bout de quelques secondes de chargement, à chacune des pages de ce bulletin que l'on peut ensuite imprimer page par page ou transférer.
Une permanence est assurée par les membres de l'amicale du M.R.P. les :
- Jeudis de 11h00 à 17h00
A noter
-nouvel e-mail de l'Amicale:
amicalemrp@laposte.net
-N°téléphone 01 53 59 20 00