les écrits




BULLETINS DE LIAISON
Bulletin N°20 hors document sur Clémenceau


Bulletin de liaison n°20 - Décembre 2016-Janvier 2017
133 bis rue de l'Université-75007 - email : amicalemrp@laposte.net
Site historique : www. amicalemrp.org

Jacques Mallet- Président de l'Amicale de 1993 à 2005.

L'Amicale du MRP est en deuil. Notre ami Jacques Mallet, un vendredi d'octobre a suivi le chemin des feuilles d'automne. La voix d'un grand européen s'est éteinte et nous sommes tous dans la peine.
L'Europe a été le combat de sa vie : Jacques Mallet avait vingt ans à la Libération. Il avait vu les ravages de la guerre, l'Allemagne vaincue et brisée, la France meurtrie et tout le continent touché par cette immense guerre civile.
Il avait eu, comme beaucoup de jeunes de son âge, des sympathies socialistes mais c'est sa rencontre avec Robert Schuman qui fut décisive. Il adhéra alors au MRP et resta toute sa vie fidèle à sa famille politique. Tous les dirigeants du mouvement ont croisé sa silhouette élancée, il était un grand sportif et un alpiniste chevronné. Les combats politiques ne lui faisaient pas peur : la plume était son arme favorite. Jeune militant, je le rencontrais dans les couloirs du parti, la cigarette aux lèvres, toujours amical, prêt à expliquer et développer ses analyses, mordant à l'occasion.
Il avait parfois sur les gaullistes des phrases définitives et pas toujours tendres. Ces derniers, à vrai dire, nous le rendaient bien. Fonctionnaire européen, les relations internationales du MRP et du CDS étaient son domaine de prédilection et les élections européennes un moment privilégié. En 1984, il réalisa son rêve en étant élu député européen. A Strasbourg, il fit les beaux jours du Parti populaire européen et eut la joie de commencer son mandat sous la présidence française de Pierre Pflimlin. Ce fut pour lui une véritable consécration.
Ces écrits firent toujours autorité : à France Forum, à Démocratie moderne, dans le Bulletin du MRP. Il dictait ses papiers d'un seul jet. Souvent dans le bureau voisin, en auditeur privilégié, j'en avais la primeur. Clarté de l'analyse, mots choisis, arguments percutants... je prenais la leçon.
Puis vinrent les années de vieillesse, mais Jacques conservait son éternelle jeunesse d'esprit. Au sein des réunions du Comité de rédaction de France Forum, ou à la Présidence de l'Amicale, son enthousiasme restait intact. En quelques années toutes proches, les rangs se sont peu à peu clairsemés. A l'heure où 'les souvenirs se ramassent à la pelle', gardons toujours en mémoire 'les jours heureux où nous étions amis'. Au revoir Jacques.
Albert Kalaydjian
Membre du Bureau de l'Amicale
L'Amicale présente ses sincères condoléances à son épouse à son fils et ses petits-enfants.
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2016 ! Quelle année !
Des attentats ignobles. Des inondations destructrices. Un été caniculaire. Des manifestations spectaculaires pour une loi contestée.Des policiers en colère. Des familles qui fuient leur pays en guerre. Des primaires en vue de la présidentielle et tant d'évènements qui touchent les familles.
Des attentats ignobles, le Père HAMEL égorgé dans son église, Nice, le 14 juillet avec des centaines de victimes, mortes, blessées, traumatisées. En Allemagne, en Irak, en Egypte. Evènements en lien direct avec le Moyen Orient en feu. Irak, Syrie, Alep, Mossoul sous les tirs de toutes parts, des enfants qui n'ont connu que la guerre et qui appellent au secours. Qui les entend ? Qui leur vient en aide ? Des milliers de familles ont fui cet enfer vers l'Europe qui se barricade ou qui accueille en disant haut et fort que ça suffit, ‘'on n'a qu'à les renvoyer chez eux ‘, dans leurs ruines, sous d'autres bombes ?
Calais démantelé, pourtant nécessaire, ces étrangers sans papiers éparpillés. On a de beaux témoignages de communes, d'associations, de paroisses qui accueillent dignement ces malheureux qui aimeraient ne pas rester en France et qui espèrent repartir un jour dans leur pays où ils vivaient normalement. Ceux qui veulent rester devront faire preuve de beaucoup de courage pour apprendre le français et s'intégrer. Des centaines de mineurs voudraient rejoindre leur famille en Angleterre.
Pendant ce temps la France est en période électorale, primaire de droite, qui a fait mentir les sondages, départ de Nicolas Sarkozy- et Fillon vainqueur, la fin d'une époque. Primaire de gauche - qui a fait démissionner François Hollande -nouveau premier ministre et nouveau ministre de l'intérieur pour 5 mois et demi. Bon courage à eux. Espérons que le Président, enfin débarrassé de l'angoisse de son taux de popularité, saura prendre des initiatives avec Angela Merkel pour l'Europe en crise et pour la Syrie.
Bien évidemment, d'autres élections nous ont surpris : le Brexit et ses conséquences, l'élection de Donald Trump, le départ de Renzi en Italie. Notre ami Bernard Fosset a passé en famille le mois d'octobre aux Etats Unis. Son message, écrit la veille du scrutin est une bonne analyse de cette campagne dont l'épilogue en a surpris plus d'un.
Dans ce numéro de notre bulletin qui arrive bien tardivement (des santés fragiles, des matériels défaillants), nous évoquons, comme chaque fois nos amis disparus depuis quelques mois, dont nous avons appris le décès. Le plus récent, qui nous a beaucoup touchés, notre ami Jacques MALLET qui fut un Président de l'Amicale très actif pendant 12 ans à qui nous rendons hommage. Il aura marqué durablement sa présidence par ses écrits, par la création du site Internet de l'Amicale et par l'organisation de colloques pour la quarantième et le cinquantième anniversaire du MRP.
Un article de La Croix évoque le grand journaliste qu'a été Jean BOISSONNAT dont la presse a si peu parlé.
Dans un précédent numéro nous annoncions la suite de la passionnante étude de notre ami Gilles Bossy sur Clemenceau et les religions, son compatriote vendéen. Ses relations avec diverses personnalités .S'ensuit une analyse des lois de 1901 sur les Congrégations religieuses et la loi de 1905. Puis la guerre de 14, l'Armistice, le Traité de Versailles, la liberté de l'Enseignement. En cette période troublée où on a jamais autant parlé de religions, de laïcité et de valeurs républicaines, Clémenceau nous surprend. En conclusion provisoire, dernière ligne de ce texte : ‘'Décidément le problème de Dieu, non seulement le tourmente mais l'obsède''
Espérant une année plus sereine, le bureau e l'Amicale souhaite à tous et à chacun une bonne année 2016 avec davantage de paix et de fraternité entre les hommes et les peuples de notre monde.
A noter : Nous tiendrons notre Assemblée Générale le mercredi 1erfévrier 2017à 14h30
Anne-Marie CATHERIN

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Nos amis décédés

Pierre FAUCHON né le 13 juillet 1929 à Avranches est mort le 25 juillet 2016. Ancien sénateur et ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature. Il fut secrétaire général adjoint du CDS et directeur général de l'Institut de la consommation. Son père Maxime Fauchon a été député. Une assistance émue a accompagné l'ancien sénateur à sa dernière demeure percheronne, au coeur du pays pour lequel il s'était beaucoup dépensé. De nombreuses personnalités du monde politique et de la magistrature l'ont accompagné dans l'église de Choue. C'était un homme épris homme épris de culture, de justice, de nature, et par-dessus tout, d'humanisme, qui disait volontiers, ainsi que l'a rappelé le prêtre au moment de l'Evangile : « Je ne serai jamais celui qui jette la première pierre ».Ses deux filles et ses petits-enfants ont chanté en son honneur l' « Hallelujah » de Leonard Cohen, avant qu'il ne rejoigne, au cimetière communal, l'épouse adorée perdue depuis plus de cinquante ans. Pierre Fauchon aimait raconter avec beaucoup de verve, d'enthousiasme et d'humour la campagne de Jean Lecanuet en décembre 1965 dont il fut le directeur.

Maurice BLIN est décédé le 16 juin 2016 à Dijon à l'âge de 93 ans . Né dans les Ardennes en 1922 , universitaire de profession, il fut député MRP des 1958 à 1962, puis sénateur de 1971 à sa démission, le 4 juillet 2007. Ayant effectué plus de trente-six ans de mandats, il est alors élevé à la dignité de sénateur honoraire. Il a été président du groupe centriste au Sénat. Membre de la Délégation parlementaire pour l'Union européenne, Membre du Haut conseil du secteur public, Membre du CNESER. Chevalier de la Légion d'Honneur. C'était un homme très cultivé, travailleur infatigable, il avait le goût des voyages. Le prêtre de la Basilique Sainte Clotilde à Paris où ont été, célébrées ses obsèques évoqua sa capacité hors du commun de servir, d'aimer et de s'engager. Il est mort, dit -il le jour de la fête Saint Thomas More, patron des hommes politiques . Le Président du Sénat, de nombreux sénateurs et amis politiques étaient présents. Jacques DUBOIS, adhérent fidèle de notre Amicale, membre de notre comité, directeur est décédé le 15 octobre à Boulogne Billancourt dont il fut Maire- adjoint et président de l'Office public d'HLM de cette ville. Docteur en droit, il fut Administrateur civil au Ministère de l'économie et des finances, Conservateur des Hypothèques, Directeur de la Confédération générale des Cadres, Avocat à la Cour. Officier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'Ordre du Mérite, Officier des Palmes Académiques, Chevalier du Mérite Agricole. Ses conseils éclairés étaient toujours appréciés au sein de notre Amicale. Olivier de MENTHON, adhérent fidèle de l'Amicale, est décédé le 3 octobre à Menthon Saint Bernard, sur les bords du lac d'Annecy, à l'âge de 82 ans. Il était le fils de François de Menthon, personnalité qui joua un rôle de premier plan comme Président de l'ACJF , dans la naissance de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, dans la fondation du MRP et dans la résistance. Olivier de Menthon a reçu, du Comité Yad Vashem, en septembre 2012 la médaille des Justes attribuée à son grand père qui avait abrité et sauvé plusieurs enfants juifs. Il habitait la magnifique propriété familiale, dont l'histoire remonte à la fin du 12 è me siècle. Il est resté très attaché au caractère familial de son château : "C'est une demeure qui a vécu et qui vit aujourd'hui encore. Nous n'avons jamais souhaité en faire un musée, avec ses 105 pièces et sa bibliothèque de 120 000 volumes ‘'. Il avait beaucoup de plaisir à faire visiter cette demeure historique à plusieurs milliers de touristes chaque été.
Nous adressons aux familles de nos amis nos condoléances attristées.

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Jean BOISSONNAT

Ancien journaliste à La Croix, il avait créé le magazine l'Expansion avant de diriger les Semaines Sociales de France.
« Exceptionnelles qualités pédagogiques » « sens du long terme » « regard d'espérance sur le monde ».
Tels sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent pour évoquer Jean BOISSONNAT, mort le 25 septembre à 87 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral. Ce fils d'ouvrier a été l'un des analystes économiques les plus écoutés et consultés du pays durant les années 1960 à 2000.
Passé par la Jeunesse étudiante chrétienne et Sciences PO Paris, Jean Boissonnat était entré en 1954 au service économique du journal La Croix, représentant avec Jacques Duquesne une nouvelle génération de journalistes, avant tout professionnels.
« Comme maitre de conférence à Sciences Po, je recommandais à mes étudiants, outre de travailler leurs cours, de lire la rubrique économique de La Croix, la meilleure de la Presse, et d'écouter à 8h 20 sa chronique sur Europe 1 » raconte Michel Camdessus, ancien directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France et Président du Fonds Monétaire International, qui avoue avoir perdu un frère.
Jean Boissonnat avait été débauché par Jean-Louis Servan-Schreiber pour créer en 1967 le magazine l'Expansion qui visait une population nouvelle en plein essor, les cadres. « Il n'hésitait pas à mettre la main à la pâte »raconte Michel Camdessus.
Le haut fonctionnaire se souvient des discussions qu'il pouvait avoir en toute confiance avec le journaliste, choisi en 1981 pour arbitrer le débat télévisé entre le Président sortant Valéry Giscard d'Estaing et son challenger François Mitterrand . »Le fait d'avoir connu le populo, comme il disait, faisait partie de sa liberté princière face à n'importe qui, souligne-t-il.
A partir de 1985, Jean Boissonnat avait participé à la renaissance des Semaines Sociales de France, cercle de réflexion du christianisme social, avec Jean Gélamur, ancien Président de Bayard Presse. Il lui avait succédé en 1995 avant de céder la place à Michel Camdessus. « Leur idée était que les chrétiens doivent être actifs dans la société. Non pas pour apporter des solutions toutes faites mais pour réfléchir, travailler avec d'autres pour une meilleure intelligence de la société, une meilleure compréhension des mécanismes économiques »souligne Dominique Quinio qui vient d'en prendre la tête.
Ardent promoteur de l'économie sociale de marché, Jean Boissonnat n'hésitait pas à formuler des propositions. « Dans ses conclusions des Semaines sociales de 1997, consacrées à l'Europe, il alliait de manière magistrale la capacité d'analyse d'un très grand journaliste et dix propositions qui n'ont pas pris une ride « raconte Jérôme Vignon, autre Président des SSF.
« Le rapport sur le travail dans 20 ans, établi sous sa houlette en 1995 par le Commissariat au Plan avait proposé la création du Contrat d'activité dont on retrouve une incarnation dans la compte personnel d'activité, inclus dans la Loi Travail » raconte pour sa part Bernard Vivier , directeur de l'Institut supérieur du travail.
« Son ‘'mode d'être'', rare était celui d'une totale ouverture aux autres, un regard de profondeur amicale sur le monde et son temps, un refus de ce qui est négatif, une certitude que le mieux est entre nos mains, souligne Michel Camdessus .Finalement tout son mode d'être était irrigué par cette eau vive :celle de son baptême et celle de l'Evangile. C'était un chrétien.
Vincent de Féligonde - La Croix du 26 septembre 2016

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Elections américaines

Retour en France à la veille de l'élection : quelques impressions.
Mon voyage dans le Grand Ouest américain s'est parfaitement déroulé en octobre, sous un soleil constant, 5000 km au milieu de paysages grandioses, d'une beauté inouïe, 4 états traversés, Californie, Arizona, Utah, Nevada. En traversant le pays, on rencontre aussi la population, à très forte dominante "latino-mexicaine" dans cette région. Le sentiment de mal-être est y est particulièrement perceptible à la veille de cette importante élection présidentielle.
Même si Hillary CLINTON garde l'avantage dans les sondages, le pays restera, à l'évidence, marqué par le "tsunami TRUMP" et la "tornade SANDERS". Donald TRUMP a donné un visage et une voix au mal-être, aux hantises d'une partie de son pays. Faut-il comparer son image à celle d'une certaine "Marine" dans notre pays?...Le nationalisme réactionnaire et xénophobe serait-il devenu l'apanage des pauvres?
Ce sentiment d'une certaine trahison, de ce que les partis et la classe politique ne se soucient pas des gens ordinaires, domine sans doute, tout autant que chez nous.
Mais, la désillusion la plus forte provient de la classe moyenne. Quid du fameux "rêve américain"?
Les actifs d'aujourd'hui ne vivent pas mieux que leurs parents et réalisent que leurs enfants vivront plus mal qu'eux: l'ascenseur social se serait-il donc définitivement bloqué?
La jeune génération est donc plus progressiste que l'ancienne (phénomène SANDERS), mais, pour autant et c'est bien là le plus frappant, les américains restent fidèles à eux-mêmes: obsession sécuritaire individuelle : ne jamais se séparer de son arme (héritage du Far-West?),absence de croyance en l'état-providence: le fondement libéral reste le plus fort (malgré un énorme fracture sociale), adossé à cette morale puritaine classique qui fait que de nombreux républicains se sont détournés de TRUMP, vu comme un personnage fondamentalement amoral (particulièrement par les femmes...).
Quel que soit le résultat de cette élection, à la veille du scrutin, on peut donc craindre que "la" ou "le"Président élu restera le mal-aimé, celui qui n'aura été choisi que "par défaut" et non par adhésion.
N'y a-t-il pas là un phénomène commun à toutes nos démocraties occidentales ?

Bernard Fosset
Vice - Président de l'Amicale

Trump élu -avec 2 millions 650 000 voix de moins que Madame Clinton, mais favorisé par le système des grands électeurs, est déjà revenu sur plusieurs de ses promesses extravagantes et dangereuses. Avait -il vraiment l'envie de gouverner la plus grande démocratie du monde ou voulait- il profiter de la campagne pour faire de la publicité, à grande échelle, pour ses entreprises ? On peut se le demander et on peut avoir des craintes pour sa politique internationale.

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Institut Marc Sangnier L'aube Longue vie à la loi de séparation des Eglises et des Etats qui fête ses 111 ans! Longue vie à la laïcité à la française. Le 7 décembre, nous étions nombreux à l'Institut Marc Sangnier pour écouter Jean-Michel CADIOT parler du journal l'aube, quotidien d'inspiration chrétienne qui a marqué les années 30, préparant à la résistance. Ce journal en 1932 rendit le plus bel hommage à Aristide Briand, l'homme de la paix mais aussi le rapporteur de la loi de tolérance que fut celle de 1909. Cette loi a amené l'apaisement entre croyants, chrétiens et République laïque. Aujourd'hui, il y a hélas un courant "laïciste", déjà dénoncé par Briand qui veut éliminer toute expression religieuse ou spirituelle de la vie publique, en contravention totale avec la loi. C'est au contraire la tolérance et le dialogue qui doivent prévaloir, et non l'ostracisme et le rejet. Annicette SANGNIER Prix de la Démocratie 2106, belle initiative. Dans l'esprit de Marc Sangnier, acteur et promoteur de la démocratie chrétienne et progressiste, l'Institut a souhaité depuis 2 ans récompenser les acteurs qui se mobilisent pour l'édification et la préservation de la Démocratie dans notre pays :  Défendre les valeurs démocrates en encourageant un geste citoyen innovant.  Valoriser des actions qui favorisent le vivre ensemble.  Mettre en lumière des initiatives locales ou nationales qui contribuent à renforcer la cohésion sociale et la citoyenneté.  Soutenir ceux qui promeuvent et défendent les droits individuels et collectifs de tous les citoyens. Plusieurs dizaines d'associations, collectivités, entreprises, initiatives personnelles ont concouru cette année. Le prix 2016 a été attribué à IMAD pour la Paix et la Jeunesse .Association née à la suite de l'assassinat d'Imad Ibn Zlaten par Mohamed Merah, cette association oeuvre pour la promotion de la laïcité, prône le dialogue interreligieux et la liberté de vivre sa foi dans le respect de celle des autres et des lois de la République. Elle entend prévenir des dérives sectaires et extrémistes en créant des espaces de dialogue. Latifa, mère d'Imad participe à de nombreux débats avec des jeunes dans les écoles. WWW.association-imad.fr
L'Institut Jean Lecanuet , France Forum
Le 14 décembre l'Institut a organisé un intéressant colloque au Sénat sur le thème : Sociétés du savoir : partage ou partition ? Les sociétés du savoir seront-elles des sociétés du savoir partagé, connaissance accessible à tous ou bien des sociétés de partition du savoir ? Par le numérique l'information est partout. Dans une société mondialisée, l'importance des sociétés du savoir rend urgente la réponse. Mais comment passer de l'information au savoir ? Par l'école le savoir se transmet. Mais comment en améliorer la qualité ? Et comment garantir cet accès au savoir et à la formation toute la vie durant ? D'éminents spécialistes de l'Unesco, des grandes écoles de commerce, de l'Education nationale, de la Chine ont brossé un éventail des possibilités numériques à notre disposition, pour résoudre les équations les plus difficiles, traduire des textes en 27 langues ou apprendre à jouer du piano en un temps record. On a entendu parler des résultats impressionnants des étudiants de Singapour ou de Chine qui entrent ensuite dans les meilleures universités américaines. Une deuxième partie a permis de faire le point sur les troubles de l'apprentissage, avec un médecin spécialiste de la lutte contre l'illettrisme, spécialement pour des enfants en situation de précarité, des responsables d'ONG ont montré les systèmes scolaires de différents pays, d'autres ont engagé de nombreux projets innovants à partir des travaux du Conseil national du numérique « Apprendre autrement à l'ère numérique » institutjeanlecanuet.org - 22 bis rue des Volontaires Paris 15 -01 80 96 45 42
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Discours d'ouverture de l'exposition en hommage à Alain Poher, ancien président du Sénat, prononcé par Gérard Larcher, à l'occasion du 20e anniversaire de sa disparition. Monsieur le Ministre, président d'honneur de l'Institut Alain Poher, Cher Daniel Hoeffel, Mes chers collègues, Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour accueillir au Sénat, salle René Coty, l'exposition consacrée à Alain Poher que nous avons inaugurée le 9 décembre dernier, à Ablon. Ces panneaux sont autant de témoins des différents événements qui jalonnèrent sa brillante carrière. Chacune de nos vies est marquée par quelques dates fatidiques. Pour Alain Poher, la date du 2 octobre 1968 sera de celles-là. Ce 2 octobre 1968, alors qu'allait se dérouler l'élection du futur président du Sénat, Alain Poher pouvait-il imaginer qu'il serait celui-là ? Pouvait-il penser quelques mois plus tard, après le départ du général de Gaulle, qu'il assurerait l'intérim de la présidence de la République et serait candidat à l'élection présidentielle ? Dès lors, la destinée de celui qui sera l'un des plus illustres présidents du Sénat s'inscrira dans une autre dimension : Alain Poher entrera dans l'Histoire. Cette destinée hors du commun a été façonnée au cours du temps. Lui, le jeune ingénieur de l'Ecole des mines qui arpentait le jardin du Luxembourg, Lui, le soldat, le résistant, Lui, le maire d'Ablon, Lui, le conseiller de Robert Schuman, Lui, le sénateur, le président du groupe MRP au Sénat, Lui, le secrétaire d'Etat au Budget, puis à la Marine, Lui, le président du Parlement européen, Sera élu président du Sénat ce 2 octobre 1968, à l'issue d'un troisième tour de scrutin et deviendra ainsi le deuxième personnage de l'Etat dans l'ordre constitutionnel, après le président de la République, Charles de Gaulle. Quelques jours plus tard, Alain Poher prononce son premier discours comme président du Sénat et déclare : « Je suis un homme d'union et de conciliation. Elu à la suite d'une bataille que je n'ai ni voulue ni cherchée, je suis aujourd'hui le président de tous. Je ne suis ni un président de combat ni un président de liquidation. Je suis tout simplement le président du Sénat de la République. » Dès son élection, il est l'homme du dialogue avec l'exécutif. Il met en exergue l'utilité de la Haute Assemblée et veut redorer son image. Dès lors, il défend sans cesse le bicamérisme et démontre les imperfections du monocamérisme. Il dit : « La nécessité d'une deuxième chambre législative en France apparaît clairement si l'on sait que tous les pays authentiquement démocratiques, socialement développés, ont un régime bicaméral dès lors que leur superficie et leur population dépassent un certain seuil que notre pays a franchi depuis longtemps. » Avec la mise en oeuvre de ce dialogue avec l'exécutif, les relations se normalisent et les ministres sont de plus en plus présents au Sénat.Alain Poher ne s'oppose pas à la régionalisation, mais refuse le projet gouvernemental qui comporte une seule réponse à plusieurs questions différentes, c'est un non tourné vers l'avenir, un non de réformateur qu'il prononcera alors. Après la démission du général de Gaulle, Alain Poher devient président de la République par intérim. Quelques jours plus tard, ce dernier annonce sa candidature à l'élection présidentielle, l'« homme rond », que personne n'attendait, transforme son cabinet de la présidence du Sénat en équipe de campagne présidentielle. Il se dote d'un corps de doctrine sur les grands sujets d'actualité : la liberté, l'Europe et la justice sociale. Après avoir réalisé un score honorable, Alain Poher conservera cette volonté de se battre, il redeviendra président du Sénat et se servira de ce corps de doctrine pour faire que la Haute Assemblée marque comme jamais de son empreinte les lois de la République. Après l'élection de Georges Pompidou, Alain Poher restera cet homme de dialogue qu'il n'a jamais de cessé d'être en rétablissant de bonnes relations tant avec le gouvernement qu'avec l'Assemblée nationale.
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Ces excellents rapports n'empêcheront pas le Sénat de s'affirmer lors de la discussion de la loi de 1971 remettant en cause la liberté d'association. Après trois rejets consécutifs au Sénat après trois lectures et son adoption par l'Assemblée, Alain Poher saisit le Conseil constitutionnel qui lui donne gain de cause. La Haute Assemblée affirme alors son rôle primordial de protectrice des libertés fondamentales....... La liberté et l'Europe resteront sans cesse au coeur de l'action du président du Sénat. Alain Poher profite de son second intérim pour ratifier la Convention européenne des droits de l'homme. Il vient symboliquement en témoigner lors des 25 ans du Conseil de l'Europe. Comme après la fin de son premier intérim, il regagne l'hémicycle de la Haute Assemblée sous un tonnerre d'applaudissements....... En 1977 s'engage au Sénat la discussion en première lecture du projet de loi relatif à l'informatique et aux libertés, auparavant s'était déroulé un colloque organisé par l'Association des libertés présidée par Alain Poher et Henri Caillavet sur le thème « Informatique et liberté ». Dans son rapport, rédigé au nom de la commission des lois, le Sénat propose de mettre en place un garde-fou contre les abus de l'informatique mal maîtrisée, qui sera à l'origine de la création de la CNIL. Après l'élection de François Mitterrand, le Sénat réaffirme ses positions face au gouvernement. Les droits de l'homme et la liberté seront de nouveau au coeur de son combat. Le Sénat adopte le projet de loi concernant l'abolition de la peine de mort par 161 voix contre 126. Le Sénat défend la liberté de l'enseignement et parvient, en 1984, en utilisant les armes que lui donne la Constitution, à faire reculer le gouvernement sur la « loi Savary » .Alain Poher soutiendra tout au long de ces années les grandes étapes de la construction européenne. L'Europe l'a toujours passionné, il déclare : « J'ai toujours travaillé pour l'Europe, elle sera ce que nous serons. Nous devons y travailler comme des artisans, au jour le jour et à tous les niveaux. » Alain Poher fit du Sénat une institution toujours en mouvement sachant se réformer et c'est ce que nous nous sommes engagés à faire au cours de ces dernières années. En 1989, il lance une réforme dont l'objet est de « remobiliser les sénateurs », notamment en rationalisant les méthodes de travail du Sénat..... Le président du Sénat que je suis et qui eut l'honneur de le connaître sait ce que la Haute Assemblée doit à Alain Poher, elle lui doit son existence même, elle lui doit son rayonnement !Alain Poher déclare en 1985 : « D'un Sénat méprisé qu'on voulait supprimer, j'ai fait une assemblée restaurée pesant son poids dans la vie politique de notre pays. » C'est cet héritage qu'il nous revient de faire vivre. Nous devrons dans les années qui viennent reprendre le combat d' Alain Poher en garantissant la survie même de notre Haute Assemblée. Nous aurons alors à montrer le même courage dont il sut faire preuve tout au long de sa présidence, à l'image de son glorieux prédécesseur, Gaston Monnerville. Nous étions, il y a quelques jours, à Ablon, là où tout a commencé, cette terre ablonnaise où il est né et où il repose depuis vingt ans. Aujourd'hui, nous lui rendons le plus vibrant hommage en ce lieu, le Sénat, qu'il sut personnifier mieux que quiconque et qu'il continue à jamais d'habiter de sa présence !
Gérard Larcher



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N° 122 du 1er trim. 2009

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