les écrits




DERNIER BULLETIN DE LIAISON
bulletin du 1er trimestre 2026



Bulletin de liaison, 1e trimestre 2026 Amicale du MRP, 133 bis rue de l'Université -75007 Paris
© C.Czajkowski
Toute l'équipe de l'Amicale du MRP vous souhaite une très bonne année 2026 ! Difficile d'être confiant tant le contexte international et la situation intérieure suscitent stupeur, interrogations et inquiétudes, mais en dignes héritières et héritiers de nos anciens qui ont vécu des moments autrement difficiles, nous ne nous résignons pas. Il n'est pas interdit de rêver et d'espérer. Au mois de mars se dérouleront des élections municipales, beaucoup de nos ami(e)s se représenteront ou se présenteront pour la première fois dans leurs villages, leurs bourgs ou leurs villes de coeur afin d'y défendre les couleurs et les valeurs du centre. Nous sommes à leur
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côté et leur souhaitons bon courage et succès. Nous avons terminé l'année 2025 en beauté avec l'organisation du colloque sur la démocratie en danger, en 2026 nous revisiterons l'histoire de la démocratie chrétienne à la lumière des enjeux de notre époque au cours d'un autre colloque prévu au mois de juin. Mais ne nous leurrons pas, l'âge venant nous sommes de moins en moins nombreux au sein de l'amicale, et ce début d'année est l'occasion de remercier encore tous nos fidèles soutiens. Si nous voulons que perdurent nos idées, nous devons songer à nous ouvrir et à accueillir de nouvelles générations, celle des anciens JDS et militants du CDS, celle des militants du MoDem et de l'UDI, celle des Jeunes démocrates... Le temps approche pour nous de passer le relais. Sous quelle forme ? A nous d'y réfléchir dans les mois qui viennent. Le mot du Président
Des raisons d'espérer
Les défis sont de taille, tant sur le plan international que national. Cependant restons optimistes. On n'entreprend rien sans confiance. La France a de formidables atouts, plus que la majorité des pays européens.
Il n'y a pas en France une crise des idées mais une crise de l'action. Les pays qui réussissent sont ceux qui font confiance à l'initiative et à la responsabilité des citoyens. Je partage largement les propos de Jean-Louis Borloo.
En 2026, afin de mieux faire vivre la démocratie nous devons combattre plus efficacement, tant au plan national qu'au plan local, toutes les formes de déclassement social, culturel et territorial.
Fidèles à nos valeurs, pour accepter la part de vérité des autres, nous devons aider à favoriser les compromis en politique.
Pierre Méhaignerie Président de l'Amicale
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Le colloque du 11 décembre 2025 : La démocratie est en danger. Comment agir ensemble ?
Le jeudi 11 décembre 2025 s'est tenue à l'Assemblée nationale une grande journée de colloque autour de nos valeurs démocrates. Aux échelles internationale, européenne et nationale, les populismes et les démocraties illibérales progressent et menacent l'essence même de la démocratie : la liberté, la justice sociale et le pluralisme. Comment réagir ? A l'initiative de l'ancien ministre Pierre Méhaignerie, président de l'Amicale du MRP, en partenariat avec la Fondation Robert Schuman, le groupe de l'Union centriste du Sénat, le groupe des Démocrates de l'Assemblée nationale, et la revue France Forum, ministres, élus locaux, entrepreneurs et historiens se sont réunis pour réfléchir et imaginer ensemble une riposte fondée sur des solutions concrètes. Une opportunité pour réunir les différentes branches d'un Centre aujourd'hui dispersé.
Avant que ne débutent les débats, Jean-Marie Vanlerenberghe, vice-président de l'Amicale, a excusé l'absence de François Bayrou qui devait ouvrir la journée mais qu'une grippe sévère a retenu à Pau. Nous avons d'ailleurs tous appris avec inquiétude quelques jours plus tard son hospitalisation en urgence en service de réanimation. Fort heureusement, il a pu regagner son domicile peu de jours après.
Pierre Méhaignerie, après avoir accueilli les participants - dans l'assistance on reconnaissait notamment Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie, Isabelle Florennes, sénatrice des Hauts-de-Seine - a brièvement rappelé l'objet de cette journée de réflexion.
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Puis René de Nicolay, philosophe et professeur à l'ENS, s'appuyant sur les enquêtes récentes de différents instituts de sondage1 a dressé un état des lieux de l'opinion publique2. Il a structuré son propos autour de trois thèmes : agir efficacement ; conjuguer le commun et le pluriel ; renforcer le lien social.
- Agir efficacement Le premier constat est le désenchantement des sondés vis-à-vis de l'action politique. 70 % d'entre eux pensent que 'c'était mieux avant'. Surtout, et pour la première fois, la situation politique arrive en tête des préoccupations des Français (30 % en décembre 2025, contre 7 % en septembre 2020 et 13 % en octobre 2015). Le système est considéré comme à bout de souffle, engendrant l'immobilisme, certains évoquent une 'crise de régime'. La classe politique, toutes tendances confondues, est trop 'centrée sur elle-même', 'sans vision à long terme', arcboutée sur ses 'privilèges', incapable de s'entendre. La demande d'un pouvoir fort, d'un chef charismatique, à l'écoute, capable de remettre de l'ordre dans le pays s'exprime (85 % en octobre 2025 contre 79 % en septembre 2022). Mais rien n'est encore perdu, si un sentiment de déclin est perceptible, il est réversible pour 58 % de l'opinion, le sentiment d'un déclin irréversible est cependant en hausse, en particulier chez les électeurs du RN (40 %) et ceux de l'extrême gauche (31 %). Surtout, le soutien à la démocratie, un 'régime irremplaçable', est toujours majoritaire (66 %). La proximité reste le meilleur gage d'efficacité : l'échelon communal arrive en tête
1 IPSOS BVA 'Fractures françaises', décembre 2025 ; ObSoCo CEVIPOF, 'Priorités françaises', décembre 2025 ; IFOP, 'Le regard des Français sur l'Europe', avril 2024 ; IFOP 'Baromètre de la Fraternité', janvier 2025. IPSOS 'Baromètre du lien social', 2025.
2 Voir aussi, René de Nicolay, 'L'état de l'appartenance nationale en France : regards sur six années d'études d'opinion' dans 'Faire France', France Forum n°421, automne 2025.
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(23 %) talonné par la région (22 %), tandis que les échelons national et européen ferment la marche (10 % chacun).
- Conjuguer le commun et le pluriel Après la situation politique, les principaux problèmes3 inquiétant les Français sont le pouvoir d'achat : 27 % (en hausse par rapport à sept. 2020) ; la justice et la criminalité : 24 % (en hausse) ; le budget et la dette : 21 % (en hausse) ; l'immigration : 20 % (stable). Une forte crainte s'exprime à l'égard de la violence en société, en hausse pour 89 % des sondés ; se protéger contre les incivilités et les agressions est devenu une préoccupation quotidienne pour 31 % des Français.
Nos concitoyens naviguent entre demande identitaire et exigence du respect de leurs droits : 63 % des Français jugent qu'ils « se sentent moins chez eux qu'avant » (60 % en juin 2017) mais 81 % estiment le racisme (77 % l'islamophobie) présent dans la société française. Depuis janvier 2024, la perception de la diversité comme génératrice de conflits a pris le pas sur sa valeur perçue comme un enrichissement.
La polarisation croissante de la société, c'est-à-dire sa fragmentation en groupes antagonistes s'opposant autour de croyances, de valeurs ou d'intérêts divergents, inquiète. Deux sujets en particulier, l'immigration (polémique pour 67 %) et la politique (polémique pour 66 %) divisent. La polarisation politique est attribuée d'abord aux politiques eux-mêmes (42 % des sondés estiment qu'une attitude exemplaire serait le levier de réconciliation le plus efficace), puis aux médias qui pour 60 % ont un impact négatif sur le lien social, et aux réseaux sociaux.
- Renforcer le lien social
On sait l'importance des liens sociaux dans la cohésion d'une société. Or ceux-ci semblent s'altérer. 43 % des sondés ressentent un fort sentiment de solitude (39 % en 2024) particulièrement les 18-24 ans (48 %) et les plus pauvres (62 %). Par ailleurs, on constate la persistance d'une forte méfiance vis-à-vis non seulement des politiques, des médias, de certaines institutions, mais aussi vis-à-vis des autres en général (79 %), une tendance au renfermement sur soi et sur la cellule familiale notamment. En 2025, selon les personnes interrogées, les facteurs qui fragilisent la cohésion sociale sont la violence (50 %, contre 42 % juin 2023), le manque d'autorité (37 %, contre 31 % en juin 2023), le racisme, (36 %, 31 % en juin 2023) et les inégalités sociales (32 %, stable).
Pourtant les occasions de se rassembler, de se retrouver existent bien. Qu'est-ce qui soude encore les Français ? Ils plébiscitent en premier lieu les événements et les lieux de convivialité ainsi que tout ce qui touche à un certain art de vivre : les événements sportifs (47 %), les cafés et restaurants (47 %), les loisirs (spectacles, concerts, 37 %), la gastronomie (36 %), la vie associative (35 %), les traditions (24 %), la langue (21 %). Beaucoup restent attachés aux valeurs républicaines : ainsi, 79 % estiment que la laïcité protège la liberté, 69% qu'elle favorise la fraternité,
3 Au-dessus de 20 % des réponses.
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56 % qu'elle est un enrichissement, mais seulement 16 % se retrouvent autour de la devise républicaine. Et 25 % citent la protection sociale, c'est-à-dire la solidarité, parmi les facteurs de cohésion.
Conjuguer l'individualisme et le collectif reste encore possible, en répondant de manière efficace aux préoccupations communes des Français (le pouvoir d'achat, les services publics, la violence, etc.), en tenant un discours de vérité et d'apaisement des tensions.
Table ronde 1 : Lutter contre les discours mensongers, démagogiques et les fake news
Après cette présentation globale de la situation, la première table ronde était animée par notre amie Olivia Leboyer, professeur à Sciences-po Paris. Y participaient, le président du groupe Les Démocrates et ancien ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, le président de la Fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giuliani, et l'historien Jean Garrigues.
Jean Garrigues, a fait remarquer que si la désinformation et les rumeurs ont toujours existé et été utilisées - citons, par exemple, les Protocoles des sages de Sion - elles ont prospéré après le 11 septembre 2001. Et, depuis 2016 et la première élection de Donald Trump, nous sommes entrés dans une ère de post-vérité, où certains politiques assènent sciemment des mensonges qui, répétés, passent pour des vérités dans une partie de l'opinion. Or, pour des démocrates, la délibération suppose que l'on s'entende sur le sens des mots et que l'on fasse confiance à son interlocuteur comme à son public. Comment s'adapter à cette transformation d'ampleur ? Le numérique, les réseaux sociaux, - outils ni bons ni mauvais en soi - amplifient et rendent virales les informations : ils sont donc particulièrement adaptés
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à la diffusion de discours extrémistes et populistes, qui usent de raccourcis et de simplification.
Marc Fesneau souligne à quel point les affrontements dans l'hémicycle se sont tendus et sont devenus durs et frustrants. Pour autant, il faut se battre et ne pas céder sur ce que nous sommes et ce que nous défendons : avoir le courage de la nuance, et cultiver le doute, qui fait le sel de la pensée. Muscler les prises de parole, trouver des formulations percutantes, mais sans en rester au règne de l'image ou de l'outrance comme le font les deux partis extrêmes.
A l'échelle européenne, Jean-Dominique Giuliani a rappelé que ce sont les valeurs et la civilisation européennes que les dirigeants des Etats-Unis, le président Donald Trump et le vice-président J.-D. Vance, attaquent délibérément : en février 2025, lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le discours de Vance, sidérant, s'en est pris directement à la démocratie libérale, retournant le sens des mots et dénonçant, selon lui, le recul de la liberté d'expression dans l'espace public européen. Si l'Union européenne doit savoir reconnaître ses fragilités, admettre ses blocages (trop de réglementations), elle doit aussi être fière de ce qu'elle a accompli et de son architecture juridique, c'est le Paradis des libertés. L'affirmer avec force est impératif. Jean Arthuis, présent dans la salle, a pris la parole. Ancien ministre de l'Economie et des Finances, il se devait d'alerter sur la gravité de la situation économique du pays. Il faut dire la vérité aux Français, ne pas leur cacher les dangers que fait peser la dette et retrouver la maîtrise de la dépense publique.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, retenu à la présidence de la République, a rejoint la table ronde en fin de matinée : il a insisté sur les valeurs démocrates, déjà présentes dans le 'petit livre bleu' de 1977, L'Autre solution4. Sur le numérique, le combat pour la régulation s'impose, l'Europe devant également développer ses propres technologies.
4 L'Autre Solution, Centre des démocrates sociaux, janvier 1977.
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Le mécanisme de détection Viginum5, créé en 2021, est un bon outil. C'est un rouage essentiel dans la lutte contre la désinformation. La détection, le traitement par les sanctions et le développement d'une immunité collective, voilà la feuille de route. Comparable à une maladie ou à un virus, la désinformation doit être combattue avec méthode, conscience et responsabilité. Jean-Noël Barrot a conclu son intervention en soulignant que la France a besoin d'un choc de subsidiarité.
Table ronde 2 : La recherche du compromis
Après une pause-café bienvenue, les participants se sont retrouvés pour assister à la seconde table ronde de la matinée qui portait sur la recherche du compromis, un thème ô combien d'actualité. Elle était animée par Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe au service Actualité de l'hebdomadaire La Vie6.
Pour replacer la question dans sa perspective historique, Isabelle Clavel, autrice d'une thèse sur le consensus en politique sous la IVe République, entre MRP et SFIO, a rappelé la distinction entre les termes compromis et consensus, d'usage plus pertinent ici. La IVe République favorisait les coalitions et la recherche de compromis, de majorités sur des problèmes précis, la SFIO et le MRP partageant alors certains objectifs, comme la justice sociale.
5 Viginum : service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, s'appuyant pour cela sur quatre critères : atteinte potentielle aux intérêts fondamentaux de la Nation, contenu manifestement inexact ou trompeur, diffusion artificielle et automatisée, implication directe ou indirecte d'un acteur étranger.
6 Voir à ce sujet : 'Chercher le compromis, est-ce se compromettre ?' La Vie N°4181 - jeudi 16 octobre 2025.
Peu ancré dans la culture française, l'art du compromis cède souvent le pas à une tradition de confrontation. Pourtant, face à la crise politique, la négociation entre les partis apparaît comme une voie à réinventer.
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Jean-Louis Bourlanges a livré une analyse brillante, rappelant qu'à l'inverse la Ve République est très réfractaire au compromis, qu'elle n'a pas été conçue pour cela. Le système majoritaire où, sans majorité absolue, l'on donne le pouvoir à la minorité la plus forte ne fonctionne que si cette minorité est vraiment forte et peut aller chercher sans trop de difficultés les quelques voix manquantes pour faire adopter ses projets. La configuration de l'assemblées élue en 2022, le permettait difficilement, celle issue de la dissolution de 2024 encore moins, et c'est ce qu'Emmanuel Macron aurait dû comprendre dès le début, pour former, dès ce moment, une coalition à la recherche de compromis. Depuis la salle, la députée d'Indre-et-Loire, Sabine Thillaye, d'origine allemande, a rappelé que la culture du compromis, familière aujourd'hui dans son pays natal, a nécessité un temps d'apprentissage et reste un dur travail, mais qui est nécessaire.
Vincent Chauvet, le jeune maire d'Autun a expliqué comment, au niveau local, on construit du compromis, sur les politiques d'urbanisme par exemple. Il s'agit d'écouter, de chercher à rapprocher les points de vue avec toujours pour objectif de faire avancer des projets répondant aux attentes de la population. Pour cela, entretenir de bonnes relations avec les forces d'opposition, savoir instaurer un climat de confiance réciproque sont nécessaires. Sur les valeurs, il préconise avec esprit de constituer une nouvelle LCR (Ligue Centriste Révolutionnaire), où les nouveaux Alain Krivine et Daniel Bensaïd seraient Loïc Hervé et Jean-Noël Barrot !
Jean-Marie Vanlerenberghe nous a ensuite fait profiter de sa riche expérience dans la recherche du compromis à la fois sur le plan national, ce qu'il a toujours fait en tant que sénateur du Pas-de-Calais et doyen de la Haute Assemblée, mais aussi sur le plan local dans sa bonne ville d'Arras. Dans Meneur de jeu7, le livre d'entretiens où il relate plus de 50 ans d'engagements au centre, il expose avec clarté et style sa méthode, comment il a toujours pratiqué l'art de l'ouverture et du rassemblement.
7 Jean-Marie Vanlerenberghe, Meneur de jeu, Entretiens avec Jean-Jacques D'Amore, Engelaere Editions, Douai, 2019.
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Tables rondes 3 et 4 : Lutter contre le sentiment de déclassement
Après le déjeuner, les deux tables rondes de l'après-midi se répondaient en miroir : comment combattre les inégalités sociales et culturelles pour la première, réduire les fractures territoriales pour la seconde, toutes deux étaient animées par l'ancien rédacteur en chef du journal La Croix, Yves Pitette.
C'est le président du groupe de l'Union centriste au Sénat, Hervé Marseille, nouvellement réélu à la présidence de l'UDI, qui a ouvert les débats. Il est notamment intervenu pour souligner les deux principales injustices qui aujourd'hui altèrent la cohésion sociale en grevant le budget des classes les plus pauvres mais aussi des classes moyennes : le logement et l'énergie.
L'historien Bruno Béthouart, spécialiste du MRP et du syndicalisme chrétien, auteur notamment des biographies d'André Diligent et de Jules Catoire8, a insisté sur l'importance de la question sociale dans la pensée politique d'inspiration chrétienne, autour des valeurs de liberté, de dignité inaliénable de l'homme, du souci des plus démunis. Il a rappelé les apports des catholiques libéraux et du catholicisme social en soulignant une spécificité : la dimension familiale de la politique sociale.
Pour lutter contre les inégalités, il faut pouvoir redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs. A quoi bon travailler si cela ne permet plus d'augmenter son niveau de vie ? L'économiste, Antoine Foucher, directeur du cabinet de conseil Quintet et ancien directeur de cabinet de la ministre du travail Muriel Pénicaud, a développé
8 Bruno Béthouart, André Diligent (1919-2002). Itinéraire d'un chrétien démocrate du Nord, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2022. Jules Catoire : 1899-1988, Arras, Artois Presses Université, 1996.
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devant nous la thèse de son remarquable essai Sortir du travail qui ne paie plus9. Il part du constat que si les gains de productivité ont permis pendant soixante ans aux travailleurs de vivre de mieux en mieux en travaillant de moins en moins longtemps, ce n'est plus vrai aujourd'hui. Pour redonner du sens au travail et mieux le rémunérer, il plaide pour un 'nouveau contrat social'. Il propose notamment d'alléger le poids des charges qui pèsent sur la fiche de paie en mettant à contribution d'autres acteurs dans le financement des dépenses collectives : le rentier, le retraité, l'héritier et le consommateur. Il faut pour cela trouver un compromis équitable entre les intérêts de chacun.
Son intervention a été suivi du témoignage, très fort, livré par la sénatrice du Pas-de-Calais et ancienne ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, qui est revenue sur son propre parcours : issue d'une famille ouvrière, elle s'est toujours attachée à lutter contre les inégalités de destin, dans la vie associative comme en politique. Dépasser l'assignation sociale est pour elle fondamental.
Nous avons ensuite écouté avec grand intérêt les conseils avisés de Guillaume Réveilhac, PDG du groupe Cérélia : autodidacte, il a développé une entreprise de boulangerie industrielle, implantée dans sept pays, comptant près de de 3 000 salariés impliqués dans la participation et l'intéressement, ainsi qu'à la prise des décisions. Démocrate-chrétien, Guillaume Réveilhac croit dans un travail qui a du sens. Pour cela, le sentiment d'attachement des salariés à l'entreprise est essentiel.
La dernière table ronde a abordé la réduction des fractures territoriales à différents échelons. La parole a été donnée à Françoise Gatel, la ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation qui a expliqué à quel point la ruralité était essentielle dans les équilibres et la vitalité des territoires. Mais nous ne pouvons pas ignorer que nos chances ne sont pas les mêmes selon l'endroit où l'on vit. Enclavé dans la Haute-Vienne, par exemple, un jeune étudiant peine à se projeter vers certains métiers qui lui semblent inaccessibles. Plus de décentralisation est nécessaire, toutes les opportunités ne doivent pas être concentrées dans les grandes métropoles.
9 Antoine Foucher, Sortir du travail qui ne paie plus, collection La société du compromis, Editions de l'Aube, 2024.
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Frédéric Leturque, maire d'Arras depuis 2011, vice-président de l'Association des maires de France, a développé ce même thème dans la foulée. Ancien collaborateur et digne successeur de Jean-Marie Vanlerenberghe, il a fait de la réussite éducative de la jeunesse l'une de ses priorités, accordant une attention particulière aux populations en difficulté, notamment aux personnes en situation de handicap. Il s'est notamment investi dans l'organisation du temps scolaire pour permettre à tous les enfants de participer à des activités sportives mais aussi culturelles et artistiques. Une belle façon d'ouvrir les esprits ! La lutte contre le déclassement commence dès l'école.
Pierre Méhaignerie a livré les clés de son expérience réussie à Vitré10 : faire confiance aux citoyens, les responsabiliser, favoriser une économie sociale de marché. Et ne pas tout attendre de l'Etat : ce qu'il ne nous donne pas, faisons-le. Face à la paralysie de l'Etat central, croyons en la force de l'action locale. Enfin, il a conclu sur l'importance de renouer nos liens avec l'Afrique, pour une immigration qui intègre véritablement, sans chercher à assimiler.
10 Pierre Méhaignerie, Un modèle de réussite collective, du Pays de Vitré à la France, Rennes, Editions Ouest France, 2021
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Fabien Robert, conseiller municipal de Bordeaux, conseiller régional de Nouvelle Aquitaine et président de l'Institut de formation démocrate (IFED), a également fait part de son expérience au niveau local de 'détaillant de la politique', tout en rappelant les valeurs démocrates de décentralisation, de compromis, de subsidiarité sur lesquelles reposent son engagement au centre.
En fin connaisseur de l'histoire du Mouvement républicain populaire, Fabien Robert avait rassemblé à l'arrière de la salle, quelques documents anciens (tracts, écrits, affiches) relatifs à l'histoire du MRP et de ses héritiers, documents extraits de la remarquable exposition 'Du Sillon aux étoiles' qu'il avait présentée en mars 2024 lors du Congrès du Mouvement Démocrate à Blois, pour commémorer le centenaire de la fondation du Parti Démocrate Populaire (PDP) en 1924.
En bref, une journée de débats utile et féconde que nous aimerions pouvoir prolonger par des rencontres en région. Rappeler les valeurs, oui, mais pour agir, en citoyens conscients et responsables.
Un grand merci à Joël Catherin pour nous avoir transmis les photographies qui illustrent ce rapide compte rendu !
Nous vous donnons maintenant rendez-vous à toutes et tous le mercredi 3 juin 2026, à la Sorbonne, pour notre prochain colloque sur le thème : 'Le projet démocrate-chrétien, entre transformation personnelle et changement collectif' (voir programme provisoire, en p.18).
Olivia Leboyer Béatrice Kalaydjian
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Quand le MRP nous manque : Une si vaste absence...
Nous sommes en janvier 1986, il y a quarante ans. François Mitterrand est président de la République depuis mai 1981, il vient d'annoncer avec Margaret Thatcher le percement du tunnel sous la Manche, l'Espagne et le Portugal viennent de rejoindre la grande famille européenne et, au mois de mars, se profilent les élections législatives. Pour la première fois sous la Ve République, elles se dérouleront au scrutin proportionnel. C'est dans ce contexte, que le philosophe Etienne Borne prend la plume et ouvre le n°20 de notre bulletin de liaison pour commenter l'actualité politique et, avec une certaine nostalgie, regretter l'absence du MRP...
« Campagne électorale bien mal partie : en dépit d'un mode de scrutin qui devait permettre à plusieurs familles politiques de s'affirmer chacune dans son originalité, la bipolarisation fruit amer des institutions gaulliennes, s'est établie tenacement dans les mentalités : deux blocs, que renforcent des deux côtés les consignes de 'vote utile", continuent à s'affronter, entre lesquels tranchera un scrutin qui tend, bien que formellement proportionnaliste, à s'aligner dans l'opinion sur le dualisme du second tour des élections présidentielles.
Une élection devrait être le temps fort de la vie d'une démocratie, une grande leçon d'instruction civique à l'échelle d'un peuple et où le libre débat animerait le combat. Dans l'actuelle situation, c'est l'inverse qui se produit et le débat est sacrifié aux nécessités du combat ; c'est l'adversaire qu'il importe d'abord de disqualifier. Pour l'opposition c'est le socialisme qu'on entend combattre, comme si le PS n'avait pas, depuis les illusions lyriques de 81, non seulement changé de peau, mais de nature et comme si les succès dont il se targue, avec quelque présomption, n'étaient pas dus à sa conversion à quelques idées libérales jugées il n'y a pas si longtemps haïssables parce que de droite. Ce socialisme, en habits empruntés au vestiaire d'en face, tourne cependant le dos à toute ouverture et ne contribue guère à hausser le niveau du jeu, sa polémique croit frapper fort en visant bas, en dénonçant le parti des riches, en cultivant les fantasmes de la peur et en criant au loup dans les clameurs de meeting comme dans les affichages de carrefour.
La question posée ainsi en forme d'option simple ou simpliste, on ne pense qu'à ce qu'on aura de force, arithmétiquement chiffrée au soir du 16 mars et on n'est guère en mesure, tant les embrouilles sont indénouables de dire clairement ce qu'on fera de cette force, une fois les résultats engrangés en nombre de sièges à l'Assemblée nationale. La question de la cohabitation, qui est en réalité celle de la coexistence éventuelle entre un Matignon libéral et un Elysée socialiste, divise dangereusement les premiers responsables de l'opposition qui envisagent pour les lendemains
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des scénarios certes piquants mais incompatibles les uns avec les autres. Voit-on vraiment Barre au balcon et Giscard ou Chirac au charbon, et en face une opposition, forte en elle-même puisque le mode de scrutin protège le parti socialiste contre toute possibilité de déroute, opposition prête à toutes les démagogies et dont le chef serait un François Mitterrand lui-même tenté de jouer à l‘Elysée le rôle subtil de modérateur-inspirateur ? Même et encore plus graves incertitudes du côté de la provisoire majorité socialiste. Les notables du PS se contentent de mettre en musique avec une touchante unanimité le refrain contre la droite dicté par l'orateur présidentiel du Grand-Quevilly11. Or François Mitterrand joue son antépénultienne ou pénultienne carte et nul ne sait la couleur de celle qu'il tient encore derrière son dos ; coopération avec les ennemis des pauvres ? recentrage autour d'un premier parti de France ? réanimation par magie noire du cadavre de l'union de la gauche ? Beaucoup d'hypothèses, autant de fantasmes.
La vérité est que, par la faute d'abord des institutions, la mécanique politique a de grandes chances d'être bloquée et que la manière dont est mené l'affrontement actuel ne conduit guère qu'à l'impasse et ne semble pas pouvoir éviter la crise de régime. Dans peu de semaines, la France risque d'être ingouvernable, si ne survient pas l'imprévisible, je veux dire une profonde reconversion des esprits et d'abord chez les hommes publics. Au nom de cette frêle espérance, un certain langage devrait être tenu et qui ne pourrait être entendu que si se détendaient les crispations et s'apaisaient les tumultes. On ne dirait d'ailleurs aux uns et aux autres que ce qu'ils savent et ne veulent pas savoir ou dans quelques cas, hésitent à dire qu'ils le savent.
Une constante expérience historique a appris à la droite et à la gauche, pour user de ces stéréotypes aussi commodes que mystificateurs, que leurs plus dangereux ennemis et les plus perfides pervertisseurs de leurs valeurs sont, pour l'une à l'extrême droite autoritaire, nationaliste, parfois fascisante, pour l'autre à l'extrême-gauche communiste et toujours marxiste-léniniste. La coalition RPR-UDF a clairement refusé toute collaboration gouvernementale avec le Front national. Eclair de vérité dont on compte bien qu'il ne sera pas à éclipses. Par contre, les communistes ont beau s'en prendre à l'honneur des socialistes, accusés jour après jour de trahison, les responsables du PS, pratiquent une humilité rampante et ne paraissent pas avoir encore assimilé des vérités sur le communisme et sa fatalité totalitaire qu'au matin de ce siècle, Léon Blum avait lumineusement développées au congrès de Tours en 1920.
La division qui sépare aujourd'hui la gauche de ce que la gauche appelle la droite apparait, et sur ce point Georges Marchais a raison, comme de plus en plus artificielle surtout si la gauche se confond avec la gauche socialiste. Cette frontière n'a une apparence de réalité que si elle flambe aux feux croisés de l'idéologie et de la passion à la manière dont les feux de la rampe donnent un semblant de vie à une
11 Discours de François Mitterrand, président de la République, sur le bilan des grandes réformes sociales, économiques et l'action pour les libertés, Le Grand-Quevilly, vendredi 17 janvier 1986.
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bataille de théâtre. En vérité la brisure actuelle coupe en deux moitiés ennemies la substance à la fois libérale et sociale de la France.
Il n'est pas question certes d'excuser l'inexcusable, je veux dire les imprudences précipitées des deux premières années de pouvoir socialiste, et qui, pesées dans de justes balances, sont moins graves que cette arrogance intellectuelle par laquelle les Saint-Just du socialisme s'arrogeaient le monopole de la vertu. Mais pour revenir à la prose de l'économie, et cette parenthèse passée par profits et pertes, la continuité est éclatante entre l'austérité reprochée aux dernières années du précédent septennat et la rigueur célébrée par les deux Premiers ministres de François Mitterrand. L'erreur est dans les idéologies et c'est la même et amère folie de promettre le bonheur aux citoyens soit par la rupture avec le capitalisme soit par une déréglementation sauvage et inorganisée.
De ce langage de vérité devrait suivre une politique de réconciliation qui permettrait aux modérés et aux raisonnables des deux bords de faire face ensemble à quelques urgences comme par exemple la réforme de la Constitution et la maîtrise d'une décentralisation mal conçue et dont les effets pervers apparaitront lorsque nos provinces seront autant d'entités politiques autonomes. A un tel dessein manque le support d'une force politique capable de briser une funeste bipolarisation, force qui n'existe que faiblement, virtuellement, parcellairement. J'avoue sans honte ici ma nostalgie du MRP dont les héritiers sont maintenant dispersés et ont à résoudre, dans des contextes souvent éprouvants, de difficiles problèmes de fidélité. Je ne fais la morale à personne et je ne prêche pas l'abstention. Puisque dans l'immédiat il m'est enjoint de choisir, je remarquerai qu'un libéralisme en accord avec le plus haut de lui-même offre plus de chances à l'ouverture et à l'humanisme qu'un socialisme encore paralysé de raideurs archaïques et sectaires.
Comme le montrent même les utiles et courageuses tentatives de substitution, le MRP nous manque et de plus en plus cruellement. Et c'est en prenant sur soi le poids et les responsabilités d'un présent éprouvant, qu'on ne mesure que mieux cette absence. Une si vaste absence. »
Et aujourd'hui ? Réparer le pays fracturé
Etienne Borne, dans son édito de 1986, reproduit ci-dessus, avait la nostalgie du MRP. « Une si vaste absence », écrivait-t-il. Qu'en penser aujourd'hui ?
Le paysage politique a beaucoup changé. A la bipolarisation droite-gauche a succédé une tripolarisation avec Emmanuel Macron. Et surtout l'émergence de deux forces populistes aux extrêmes de l'échiquier politique, à droite et à gauche.
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Les centristes depuis 1965 se sont retrouvés sous différentes appellations. Ils ont réussi à exister comme force d'appoint en soutien à Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et dès 1978 avec l'UDF.
A l'exception notable de François Bayrou en 2007, les héritiers du MRP ont eu beaucoup de peine à s'imposer par eux-mêmes. Nous avons en effet soutenu en 2017, Emmanuel Macron, pensant tenir en lui le héraut de la force centrale de rassemblement, libérale, sociale et européenne. Cet espoir est aujourd'hui en partie déçu. Car le président n'a pas réussi à garder son socle républicain, allant des sociaux-démocrates à la droite sociale.
En effet, les milieux populaires se sont laissés séduire par les sirènes populistes. Le colloque de notre Amicale avait donc l'ambition de démontrer la permanence et l'actualité du projet humaniste, social et européen du MRP.
Ses conclusions sont limpides. Pour réparer le pays fracturé il faut réapprendre le compromis, revigorer la démocratie sociale et territoriale et redonner confiance aux forces vives. Les Centristes sont donc en attente d'une femme ou d'un homme fort, porteur de ce message, et d'un mouvement républicain, populaire et démocrate pour le soutenir, afin de combler ainsi « une si vaste absence » !
Jean-Marie Vanlerenberghe Vice-président de l'Amicale
'Changer ! Oui...mais vraiment ?' Si le mot changement reste connoté positivement, il ne semble plus arrimé à l'idée d'une véritable rupture, qui fait peur et qui n'apparait pas forcément désirable. C'est tout l'enjeu du dossier du dernier numéro de France Forum que d'interroger la nécessité du changement (après tout, faut-il vraiment changer ?) mais aussi ses finalités et ses modalités : qu'est-ce qui permet non pas de s'agiter, mais de se transformer réellement afin de traverser les crises et les défis de l'époque ?
France Forum n°422, décembre 2025. 15 €. contact@franceforum.eu ; www.franceforum.eu
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A noter dans vos agendas
Mercredi 3 juin 2026 : Journée d'études 'Le projet démocrate-chrétien, entre transformation personnelle et changement collectif'
Lieu : Paris, Sorbonne, amphi Milne Edwards
Le 2 juin 1946, il y aura tout juste 80 ans, se déroulaient des élections législatives pour élire une nouvelle Assemblée constituante, le projet constitutionnel de l'Assemblée élue en octobre 1945 ayant été rejeté le 5 mai 1946 par référendum. Le tout jeune Mouvement républicain populaire avec plus de 5 600 000 suffrages (28,2 % des suffrages exprimés) et un gain de près de 700 000 voix, arrivait en tête et devenait la première force politique du pays devant le parti communiste (26,4 %) et le parti socialiste SFIO (21,3 %). 166 députés MRP entraient à l'Assemblée. Georges Bidault, l'un des fondateurs du mouvement, ancien président du Conseil national de la Résistance, prenait la tête du troisième gouvernement de la période transitoire.
Alors que les acteurs et les témoins de cette histoire disparaissent peu à peu, cet anniversaire est l'occasion de revisiter la grande tradition démocrate, humaniste et personnaliste d'inspiration chrétienne qui sous-tendait leur projet politique.
L'histoire de la démocratie chrétienne a fait l'objet de nombreuses recherches en France, depuis les travaux fondateurs de Joseph Hours, de Jean-Marie Mayeur ou d'Emile Poulat. Le pic de la production semble avoir eu lieu entre 1950, moment où le Mouvement républicain populaire (MRP) se cherchait un second souffle, et la fin des années 1990, marquées non seulement par la disparition du Centre des démocrates sociaux (CDS), mais aussi le déclin d'une historiographie qui s'intéressait aux relations entre le religieux et le politique, et dont les protagonistes avaient souvent eux-mêmes des accointances avec le courant démocrate-chrétien. L'état de l'art établi par Laurent Ducerf en 199712 semble marquer la fin d'une époque.
Si certains travaux ont continué à renouveler le champ, en étudiant les prolongements de la démocratie chrétienne dans le champ politique français du XXIe siècle, cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu, en France, de réflexion collective revisitant l'histoire de la démocratie chrétienne à la lumière des enjeux de l'époque, alors même que le sujet suscite un regain d'intérêt à l'étranger.
Il est temps d'explorer à nouveau l'héritage immatériel de cette famille de pensée, que l'on appréhendera dans un sens large, c'est-à-dire comme un courant considérant la démocratie comme la forme politique actualisant le mieux l'idéal évangélique d'égale dignité de toutes les personnes.
12 Laurent DUCERF, « La démocratie chrétienne en France depuis 1945 », Chrétiens et sociétés [En ligne], 4, 1997.
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Dans un contexte de crise multidimensionnelle, la journée d'études s'emploiera tout particulièrement à raconter et à analyser la manière dont le projet démocrate-chrétien a lié transformation de soi et transformation du monde en France.
Coordination scientifique : Christophe Bellon (Université catholique de Lille, Sciences Po Paris), Agnès Louis (Université du littoral Côte d'Opale/Université catholique de l'Ouest), Charles Mercier (Université de Bordeaux, LACES13, membre associé du GSRL14).
Programme (provisoire)
Trois types d'entrées seront privilégiées :
Une entrée par les idées : centrée sur les oeuvres des intellectuels de référence du courant démocrate-chrétien (Emmanuel Mounier, Marc Sangnier, mais aussi des figures plus anciennes comme Frédéric Ozanam, Félicité de Lamennais, Charles Maret, ou plus récentes comme Etienne Borne...) ;
Une entrée par les biographies : centrée sur la trajectoire de protagonistes politiques (militants, élus) liés à la démocratie chrétienne.
Une entrée par les expériences : études centrées sur des projets transformatifs par des figures de la démocratie chrétienne.
9h00 : Accueil
9h15 : Ouverture - Mots d'accueils des coordonnateurs
François Bayrou (ancien Premier ministre) : Une traversée de la démocratie chrétienne
9h45 : Introduction
Modération : Alexis Artaud de La Ferrière (Royal Holloway, université de Londres)
Charles Mercier (Université de Bordeaux, LACES) : Pourquoi interroger le projet démocrate-chrétien sous l'angle de l'articulation entre transformation personnelle et changement collectif ?
Denis Pelletier (EPHE-PSL, GSRL) : L'histoire de la démocratie chrétienne en perspectives
Discutant : François Bayrou
10h30 : Pause
10h45 : Idées
Modération : Nathalie Sarthou-Lajus (rédactrice en chef adjointe de la revue Etudes)
Agnès Louis (Université catholique de l'Ouest) : Marc Sangnier et le travail de la conscience
13 LACES : Laboratoire Culture Education Société, Université de Bordeaux
14 GSRL : Groupe Sociétés, Religions, Laïcités, laboratoire de recherche du CNRS et de l'Ecole des Hautes études en sciences sociales.
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Jacques Le Goff (Université de Bretagne occidentale, LAB-LEX) : Mounier et les démocrates-chrétiens, une fraternité contrariée
Bernard Hubert (Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain) : La foi démocratique d'Etienne Borne et de Jacques Maritain
Discussion : Louis Lourme (facultés Loyola Paris)
12h15 : Fin de la matinée et pause méridienne
13h30 : Biographies
Modération : Martin Dumont (Sorbonne université) (à confirmer)
Blandine Chelini Pont (Université d'Aix-Marseille) : Entre catholicisme, féminisme et réformisme, Germaine Poinso-Chapuis en politique
Elodie Font (journaliste et autrice) : Les femmes élues députées du MRP en 1945
Christophe Bellon (Université catholique de Lille) : Jacques Delors, un démocrate d'inspiration chrétienne entre réflexion et action
Julien Fretel (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP) : Démocrates et chrétiens. Sociologie d'un ethos partisan sous tensions
Discussion : Isabelle Clavel
15h15-15h30 : pause
15h30 : Expériences
Modération : Béatrice Kalaydjian (Amicale du MRP)
Marie-Pierre Wynands (Université catholique de Lille) : Heur(t)s et malheurs de la démocratie chrétienne en France
Bruno Béthouart (Université Littoral Côte d'Opale) : La pensée sociale démocrate-chrétienne en France : expériences locales, nationales et européennes
Discussion : Corinne Valasik (Institut catholique de Paris, GSRL)
16h30 : Conclusions
Modération : Pascale Tournier (La Vie)
Jean-Noël Barrot (ministre des Affaires étrangères) (à confirmer)
Philippe Portier (EPHE-PSL, GSRL)
Cette journée d'études est organisée en partenariat avec l'Amicale du MRP, France Forum, Sorbonne Université (Institut de Recherche pour l'Etude des religions-IRER), Institut René Bazin, LACES (à confirmer), GSRL, Université catholique de Lille, Collège des Bernardins, Association Georges Hourdin (à confirmer).
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Amicale du Mouvement républicain populaire (MRP - 1944 / 1967) L'Amicale du MRP a été créée en 1980 : - pour rassembler ceux qui avaient été les acteurs de cette famille politique issue de la Résistance, élus et militants, et ceux qui, après 1967, ont rejoint cette mouvance démocrate chrétienne située au centre de l'échiquier politique ; - pour faire connaître l'histoire du MRP et faire sortir de l'oubli les noms de ses fondateurs, ces hommes et ces femmes, ministres, parlementaires, élus locaux qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ont participé activement au relèvement de la France (site historique de l'Amicale : www.amicalemrp.org) ; - pour maintenir et promouvoir les valeurs qui les animaient et qu'ils défendaient par leur engagement et leur action. Aujourd'hui, nous souhaitons rassembler toutes celles et ceux qui, dispersés au sein de divers partis, mouvements, associations, restent profondément attachés à ces valeurs et veulent qu'elles perdurent dans la vie politique. Pierre MEHAIGNERIE Béatrice KALAYDJIAN Jean-Jacques JEGOU Président Secrétaire générale Trésorier BULLETIN D'ADHESION 2026 A renvoyer accompagné de votre règlement à : Amicale du MRP, 133bis rue de l'Université, 75007, Paris. - Nom : ...................................................................................... - Prénom : .................................................................................... - Adresse : .................................................................................... - E-mail : ..................................................................................... - Tel : ....................................................................................... ; - Cotisation 2026 : - Cotisation couple : - Cotisation jeune (- 25 ans) - Cotisation de soutien : Chèque à rédiger à l'ordre de : Amicale du MRP 35 euros euro



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N° 1 du 1er trim. 1982

Une permanence est assurée par les membres de l'amicale du M.R.P. les :
- Jeudis de 11h00 à 17h00
A noter
-nouvel e-mail de l'Amicale:
amicalemrp@laposte.net
-N°téléphone 01 53 59 20 00