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DERNIER BULLETIN DE LIAISON
avis colloque Monoury 8 Juin 2023


Intelligence artificielle, ChatGPT : Ces dernières semaines ce sujet envahit les journaux et les débats sur les chaines d'infos. Pour ou contre l'intelligence artificielle, moratoire sur la recherche, interdiction comme en Italie, procédure de contrôle, hégémonie culturelle américaine, favoriser des modèles de langues entrainées sur des données en français etc...
Le point de vue de Jean - Noel Barrot, ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications.

L'intelligence artificielle a fait irruption ces dernières semaines à la table des Français. Mais il y a des années déjà que nous l'avons invitée dans notre quotidien et que nous utilisons ses algorithmes pour nous déplacer, nous informer ou nous soigner. C'est en s'appuyant sur l'intelligence artificielle que les médecins peuvent désormais diagnostiquer des cancers à temps pour les traiter, et que les chercheurs ont pu dans des délais record découvrir le vaccin contre la Covid-19. C'est à elle que nous faisons appel pour mieux gérer les ressources en énergie et en eau, et pour anticiper les risques liés au changement climatique.
La génération nouvelle des modèles d'intelligence artificielle générative popularisée par ChatGPT, malgré ses failles, ouvre des perspectives nouvelles. Ces derniers sont capables d'absorber d'immenses quantités de données numériques issues de la connaissance et des activités humaines, notamment des pans entiers de l'internet, pour les restituer en langage courant. Ils représentent une opportunité historique, celle pour l'humanité de se doter d'un moyen simple et instantané d'accéder à son propre patrimoine informationnel. L'intelligence artificielle générative pourrait être l'instrument d'une nouvelle Renaissance, comme le fut l'imprimerie de Gutenberg pour l'Europe du 15e siècle.
Face à cette nouvelle frontière, notre volonté est que la France et l'Europe maîtrisent l'intelligence artificielle générative. D'abord parce que nous en avons les moyens. De Blaise Pascal il y a quatre siècles jusqu'à Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, la France n'a jamais cessé d'être une grande nation des mathématiques - et ce n'est pas un hasard si l'on compte de nombreux français parmi les meilleurs spécialistes au monde de l'intelligence artificielle, technologie largement ancrée dans différentes disciplines mathématiques.
Ensuite parce que s'agissant d'une technologie de la représentation de l'information, il est inconcevable de ne pas y imprimer notre vision de l'homme et du monde en laissant d'autres le faire à notre place ; inconcevable de ne pas avoir entre les mains des outils forgés au feu de la langue et de la culture françaises. Enfin, car nous refusons de laisser cette technologie entre les mains de puissants intérêts privés qui tiendraient l'Europe dans un lien de dépendance alors que se joue là notre autonomie stratégique, dans les domaines civil et militaire.
C'est la raison pour laquelle nous avons bâti dès 2018 une Stratégie nationale pour l'intelligence artificielle à l'initiative du président de la République. Cinq ans plus tard, nous avons créé quatre centres d'excellence à Toulouse, Nice, Grenoble et Paris et avons doublé le nombre de diplômés dans la discipline. Nous avons, avant OpenAI, construit Bloom, premier modèle génératif multilingue et open source grâce aux capacités de calcul du CNRS. La France compte aujourd'hui 600 start-ups spécialistes de l'intelligence artificielle dont certaines talonnent déjà les meilleurs mondiaux. Et nous comptons bien accélérer pour que dans les mois qui viennent émergent en Europe des systèmes plus aboutis encore que ceux des géants américains. Mais nous ne saurions rester sourds aux inquiétudes qui émergent dans le débat public et chez les Français. Elles doivent être écoutées et entendues si nous voulons rassurer alors qu'un tiers de nos concitoyens se sent aujourd'hui éloigné du numérique.
Ecartons immédiatement le fantasme du grand remplacement de l'intelligence humaine par un substitut artificiel. L'intention humaine est à la fois l'origine et la destination des algorithmes dont il est question. Il n'y a pas de volonté artificielle. Comme le moteur automobile a facilité nos déplacements sans nous priver du choix de la destination, l'intelligence artificielle pourra augmenter nos facultés propres si nous l'utilisons à bon escient.
Pour que ne subsiste aucune confusion entre l'Homme et l'automate dans les interactions humains-machines, et pour que l'automate reste toujours au service de l'homme, l'Europe est la première démocratie du monde à avoir décidé de se donner un cadre général et transversal à tous les usages de l'IA, le règlement sur l'intelligence artificielle. En cours de discussion avancée au Parlement européen, il conditionnera l'usage des algorithmes dans certains domaines à la transparence et aux audits nécessaires pour garantir la confiance. Il n'épuisera pas l'ensemble des questions soulevées par l'intelligence artificielle générative, comme celle de la rétribution des auteurs et créateurs de contenus utilisés pour l'entrainement des modèles, ou celle de la protection des données personnelles qui appelle une incontournable évolution du Règlement européen sur les données personnelles.
L'avis que nous rendra à l'été le Comité national d'éthique du numérique, créé en 2019 par le président de la République et pérennisé cette année, éclairera les décisions que nous aurons à prendre. Avec l'ardente volonté d'entrer en pionniers dans cette nouvelle ère.
Jean-Noël Barrot

Le Colloque du 8 juin 2023 au Sénat, de 9h30 à 13 h
Hommage à René Monory ancien ministre, ancien président du Sénat
Préparé par Pierre Méhaignerie, Jean-Dominique Giuliani, Alain Pichon
Sous le haut patronage et en présence de Gérard Larcher, Président du Sénat
Contributions de Michèle Monory, Jean-Pierre Raffarin, François Bayrou, Thierry Breton, Jean Arthuis, Hervé Marseille, Bruno Belin, Yves Bouloux, Jean-Pierre Abelin, Alain Fouché, Michel Pébereau, Jean-Louis Hérin.
Palais du Luxembourg
15 ter rue de Vaugirard
75006 Paris

Inscription avant le 1er juin 2023
Courriel : info@robert-schuman.eu
Tél : 01 53 63 83 00




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